Bruxelles, 02/04/2015 (Agence Europe) - Au Parlement européen, les députés s'activent pour préparer leur contribution à la position que défendra l'UE lors de la troisième conférence onusienne sur le financement du développement post-2015 (Addis-Abeba, 13-16 juillet). La commission du développement du Parlement, que préside Linda McAvan (S&D, britannique), a procédé, mardi 31 mars à Bruxelles, à un deuxième échange de vues, prometteur, selon le rapporteur Pedro Silva Pereira (S&D, portugais). Le temps presse, car il convient que le rapport soit prêt en mai, avant les conclusions du Conseil de l'UE.
« Il faut un rapport qui contienne un message politique fort et clair. C'est indispensable, si nous voulons que notre contribution puisse influencer la position de l'UE et réussisse à garantir le succès nécessaire pour les politiques de développement. Pour cela, il nous faut résister à la tentation d'un rapport trop long, trop complexe », a averti le rapporteur. Sur les 291 propositions d'amendements déposées à son projet de rapport, il en a signé une trentaine. Mais compte tenu de « l'engagement de tous » dans ce dossier, il est confiant dans la capacité des groupes politiques à relever ce défi en faisant oeuvre de compromis et de souplesse.
Car selon lui, « il existe au sein du Parlement un consensus très important sur les points clés du financement du développement post-2015 » à savoir: - la nécessité d'avoir une approche globale du financement pour assurer un niveau élevé d'Aide publique au développement (APD) tout en promouvant une mobilisation plus efficace et plus juste des ressources nationales et un meilleur alignement du secteur privé sur les objectifs du développement durable ; - la nécessité que l'UE joue un rôle de leader dans ces négociations, qui se traduise par des engagements clairs et un calendrier concernant la volonté de consacrer 0,7% du RNB à l'APD ; - l'importance du caractère additionnel des engagements financiers consacrés à la lutte contre le changement climatique afin que ceux-ci ne retirent rien aux sommes consacrées à la lutte contre la pauvreté ;
- l'importance de la coopération fiscale internationale et la promotion de systèmes fiscaux justes et capables de lutter contre la fraude et l'évasion fiscale sans lesquelles on ne pourra pas mobiliser les ressources disponibles ; - l'importance de mécanismes d'évaluation et de contrôle tant des aides financières que de leurs résultats pour combattre l'inefficacité et la corruption et garantir que l'aide parvienne bien à ses destinataires pour permettre de réaliser les objectifs du développement durable.
Pour renforcer ce consensus, le rapporteur a annoncé qu'il proposera un bloc d'amendements de compromis (une vingtaine) qui porteront sur le renforcement de la cohérence des politiques, l'idée d'appropriation des procédures de développement, les sources innovantes de financement, le rôle du secteur privé, la coopération fiscale internationale, le principe d'additionnalité du financement de l'action climatique ainsi que la qualité des statistiques et des données désagrégées pour pouvoir suivre de très près les objectifs de développement durable. (Aminata Niang)