Bruxelles, 19/03/2015 (Agence Europe) - La commission parlementaire chargée des transports a tenu sa première réunion sur l'examen à mi-parcours du Livre blanc de 2011 consacrée aux transports, mardi 17 mars 2015.
Ce travail aboutira à une résolution exprimant l'avis du Parlement sur les objectifs fixés par ce Livre blanc. Parmi eux figurent la diminution des émissions de carbone par les voitures (de 50% d'ici à 2030) et le transfert du transport par route vers le train et les voies navigables intérieures (50% d'ici 2050).
Le rapporteur, le Néerlandais Wim van de Camp (PPE), a présenté un premier document de travail dans lequel il insiste notamment sur l'importance économique du secteur des transports (10 millions d'emplois et 5% du PIB de l'UE, selon lui), sur les objectifs de dé-carbonisation et d'intermodalité et sur le réseau de transport transeuropéen. Il évoque aussi les questions sociales.
Durant le débat, Claudia Tapardel (roumaine), rapporteur fantôme S&D, a insisté sur le financement des infrastructures, avançant que leur construction avait « un effet multiplicateur de presque 4 pour 1 » et qu'y investir permettrait de créer « plus d'emplois ». Elle s'est aussi interrogée sur la question de leur financement, affirmant qu' « il ne faut pas que l'usager soit le seul à être ponctionné ». Par ailleurs, elle a insisté sur la protection de l'environnement, qualifiant de « priorité » la question de la dé-carbonisation.
Le CRE s'est au contraire montré très critique sur ce dernier point, soulignant que « le secteur automobile emploie bon nombre de personnes » et que les objectifs du Livre blanc « risquent de mettre à mal leur emploi ». Il a aussi demandé une attention particulière pour les infrastructures, en particulier dans l'est de l'Europe où « il n'y a pas eu d'investissement pendant de nombreuses années ».
L'Allemande Gesine Meissner (ALDE) a rappelé que « le volume de transport va augmenter » et en a profité pour rappeler le sujet des méga-camions, autorisés dans les pays scandinaves, mais interdits dans de nombreux autres États européens. Elle s'est aussi montrée sceptique sur le réalisme des objectifs de transfert modal, préférant insister sur la « co-modalité ».
La Finlandaise Merja Kyllönen (GUE) a demandé « une approche beaucoup plus ambitieuse » sur l'ensemble de la politique des transports, en prenant en compte tous les aspects de la numérisation. Faisant référence au développement du covoiturage, elle a déclaré: « On ne peut plus considérer que la voiture privée est le modèle le plus utilisé, il faut changer de paradigme ». Elle a appelé la Commission à se pencher sur ces « nouvelles opportunités », avant de « perdre l'avantage face à nos principaux concurrents ».
Le Néerlandais Bas Eickhout (Verts/ALE), enfin, s'est montré très offensif sur les objectifs de dé-carbonisation et de transfert modal. (Jean Comte)