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Bulletin Quotidien Europe N° 11278
CONSEIL EUROPÉEN / (ae) grÈce

Un Sommet européen sous haute tension pour Athènes

Bruxelles, 19/03/2015 (Agence Europe) - Les dirigeants européens ont affiché leur fermeté à l'égard d'Athènes, à leur arrivée au Sommet européen, jeudi 19 mars, alors qu'une réunion multilatérale devait avoir lieu pour tenter de dénouer le problème.

Le Premier ministre bulgare, Boïko Borissov, a donné le ton, en marge du Sommet, dans des commentaires relayés par l'AFP. « Il est grand temps que nos voisins qui se veulent dans la zone euro (…) respectent leurs engagements à appliquer les règles », a-t-il dit, ajoutant que, pour la Bulgarie également, cela avait été difficile de rembourser les dettes anciennes, « mais nous l'avons fait ». Le Premier ministre finlandais, Alexander Stubb, a, pour sa part, déclaré qu'il fallait rester ferme sur les engagements pris à l'Eurogroupe. C'est le message qu'allaient faire parvenir au Premier ministre grec la France, l'Allemagne, la BCE et la Commission lors d'une réunion multilatérale. Celle-ci allait réunir la chancelière allemande, Angela Merkel, le président français, François Hollande, ceux du Conseil européen, Donald Tusk, de la Commission, Jean-Claude Juncker, et de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, et le Premier ministre grec, Alexis Tsipras.

« Ce qui va être rappelé dans la réunion aux uns et aux autres c'est le respect des engagements », a dit François Hollande, à son arrivée. « Les Grecs doivent démontrer qu'ils font les réformes attendues d'eux et l'Europe doit mettre à la disposition des Grecs les moyens financiers pour honorer les engagements », a-t-il ajouté.

Donald Tusk a voulu calmer les esprits. « Cette réunion n'est pas celle de la dernière chance », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse. Il a expliqué avoir voulu éviter des discussions conflictuelles au sein du Conseil européen. Mais le format retenu n'a pas plu à tout le monde et, notamment, aux petits États laissés sur la touche. « Je suis en colère, le gouvernement belge n'a pas donné mandat à la France et à l'Allemagne pour négocier en son nom, la Belgique est concernée à hauteur de sept milliards d'euros dans cette affaire », a-t-il dit. Il comptait porter ses griefs lors de la réunion des dirigeants. Xavier Bettel, Premier ministre du Luxembourg, a, quant à lui, dit qu'il aurait préféré assister à cette réunion.

Le Finlandais et l'Estonien n'ont pour leur part pas paru dérangés par le format. Celui-ci ne plaît pas forcément aux participants, ainsi la chancelière allemande a estimé que le Conseil n'était pas « le cadre approprié » pour des décisions et que celles-ci appartenaient à l'Eurogroupe.

La Grèce doit rembourser dès vendredi environ 330 millions d'euros au FMI et fera face à un renouvellement de bons du Trésor pour 1,6 milliard la semaine prochaine. Avec ce qu'il reste dans les caisses, un diplomate a estimé que le pays pouvait tenir jusqu'en mai. Le problème est que les discussions techniques visant in fine à débloquer les fonds de l'eurozone n'avancent pas, d'où la volonté des Grecs de tenir des discussions politiques. (Elodie Lamer)

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