Bruxelles, 13/03/2015 (Agence Europe) - « Vivement préoccupé » par « la détérioration » de la situation au Venezuela, le Parlement européen requiert l'envoi d'une délégation d'eurodéputés pour nouer un dialogue avec toutes les parties, dans une résolution qu'il a adoptée lors de la session plénière, jeudi 12 mars.
Condamnant le recours à la violence à l'encontre des manifestants critiques vis-à-vis du pouvoir en place, les eurodéputés demandent aux autorités vénézuéliennes de libérer immédiatement plusieurs opposants politiques parmi lesquels Antonio Ledezma, le maire de Caracas (EUROPE 11261 et 11222). Il convient de « mettre un terme à la persécution et à la répression politiques de l'opposition démocratique » ainsi qu'à « la censure des médias », souligne le texte de la résolution. La Commission européenne et le Conseil de l'UE sont invités à adopter « toute mesure nécessaire pour garantir les intérêts européens et le principe de sécurité juridique des entreprises européennes au Venezuela ».
Au nom du groupe ADLE, la Tchèque Dita Charanzova a plaidé, sans succès, pour des sanctions ciblées à l'encontre des hauts responsables vénézuéliens. « Malgré l'opposition du groupe S&D et de l'extrême gauche, un texte de compromis avait été trouvé, mercredi, soutenant des mesures ciblées contre le régime 'Maduro' si la situation se détériore encore. Les groupes ADLE et CRE étaient pour. Le PPE a retiré son soutien à la dernière minute préférant s'abstenir lors du vote », a-t-elle déploré dans un communiqué.
Marquée par de fortes tensions internes et des accusations d'ingérence du régime Maduro portées à l'encontre des États-Unis, la crise politique vénézuélienne est aggravée par la grave crise économique qui sévit dans le pays. La forte baisse des prix du pétrole ampute gravement la situation budgétaire d'un pays dont les revenus dépendent presqu'entièrement de ses exportations pétrolières. L'inflation, en cette année d'élections législatives prévues à l'automne, tournerait autour de 70%. (Mathieu Bion)