Bruxelles, 13/03/2015 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères des Vingt-huit, débattront, lundi 16 mars à Bruxelles, des modalités de soutien de l'UE à une solution pacifique à la crise en Lybie en cas d'issue positive des pourparlers inter-libyens qui sont en cours à Rabat, sous l'égide de l'envoyé spécial de l'ONU, Bernardino León. « Dès qu'il y aura une avancée, nous devrons être prêts à la soutenir. Il se peut que le Conseil nous demande de planifier une éventuelle mission européenne », indiquait vendredi un haut fonctionnaire de l'UE en se gardant de tout pronostic. La Libye et les préparatifs du Sommet sur le partenariat oriental prévu à Riga les 21 et 22 mai sont les deux dossiers dont se saisira le Conseil Affaires étrangères pour préparer le Conseil européen des 19 et 20 mars.
Cette session ministérielle, que présidera Federica Mogherini, la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, fera une large place à l'Afrique. Elle débutera d'ailleurs par un débat stratégique sur la paix, la sécurité et la prospérité en Afrique. « Nous ne voulons pas parler seulement des crises, mais aussi de prospérité et de croissance, des opportunités à saisir », précisait vendredi une source européenne. La contribution de la politique étrangère aux défis de la migration, au lendemain du Conseil JAI, sera débattue au déjeuner en présence du commissaire aux Migrations, Dimitris Avramopoulos.
En marge de la session, se tiendra un Conseil d'association avec la Moldavie lundi en fin d'après-midi et un Conseil d'association avec la Tunisie, mardi 17 mars.
Libye. Les ministres poursuivront les discussions qu'ils ont entamées lors de leur réunion informelle à Riga, au début du mois de mars (EUROPE 11270), quant aux mesures concrètes que pourraient prendre l'UE et ses Etats membres pour appuyer le processus de réconciliation nationale et contribuer au maintien d'un éventuel cessez-le-feu et la formation d'un gouvernement libyen d'unité nationale. Parmi ces mesures figurent la possibilité de lancer une mission ou une opération militaire de l'UE dans le cadre de sa politique de sécurité et de défense commune (PSDC). Les ministres seront ainsi invités à s'exprimer sur les différentes options qu'ils envisagent, comme une mission d'observation, un renforcement de la présence navale européenne, y compris dans les eaux territoriales de la Libye ou le déploiement d'une force militaire sur place. Les ministres devraient adopter des conclusions, mais il est aujourd'hui exclu d'y voir figurer une parmi ces options, notamment du fait que les négociations entre les partis politiques libyens se poursuivent. Le SEAE sera plutôt chargé par le Conseil de continuer les travaux préparatoires, en gardant à l'esprit les différentes options qui seront retenues comme envisageables par les ministres lors de cette réunion.
Partenariat-oriental. Dans le sillage de leur récente rencontre informelle à Riga (EUROPE 11270), les ministres poursuivront la préparation du quatrième sommet du partenariat oriental (Riga les 21 et 22 mai), ainsi que celle de la réunion des ministres des Affaires étrangères des vingt-huit et des pays partenaires qui doit préparer ce sommet, le 20 avril à Luxembourg. Cette discussion nourrira également le débat qu'auront à ce sujet les chefs d'État ou de gouvernement, qui se retrouveront à Bruxelles les 19 et 20 mars. C'est seulement à l'issue de cette réunion du Conseil européen, que les négociations s'engageront sur le projet de déclaration du sommet de Riga. La question-cadre est de savoir si l'UE veut faire 'plus' ou 'moins' que lors du sommet précédent de novembre 2013 (EUROPE 10974), c'est-à-dire de quelle manière gérer les aspirations des pays du voisinage oriental de l'UE, a dit un diplomate européen.
Migrations. Le Conseil aura un échange de vues exploratoire sur les moyens de contribuer à une meilleure gestion des flux migratoires par une coopération accrue avec les pays tiers et de renforcer la protection des réfugiés. Une lettre commune adressée par Federica Mogherini et le commissaire Avramopoulos aux ministres guidera cet échange (voir autre nouvelle) Des propositions plus concrètes seront examinées lors d'un prochain Conseil 'Affaires étrangères'.
Afrique. Les ministres auront le débat stratégique sur l'Afrique qui était initialement prévu en février (avant le sommet de l'Union africaine), mais avait dû être reporté faute de temps. Guidé par un document préparé par le SEAE il s'articulera autour de trois aspects: la sécurité et la stabilité ; la prospérité et le développement économique ; le partenariat avec les organisations régionales africaines. Avec la montée du terrorisme de Boko Haram/Daesh, beaucoup de développements ont eu lieu depuis le quatrième sommet UE/Afrique qui s'était tenu à Bruxelles en avril 2014 (EUROPE 11053).
L'Union européenne a deux priorités: promouvoir la paix et la sécurité par la prévention des conflits et du terrorisme, et accélérer la croissance et le développement durable, dans le cadre du partenariat entre pairs et de la stratégie commune UE/Afrique liant les deux continents depuis 2007.
République centrafricaine. Le Conseil devrait prendre la décision de lancer la nouvelle mission européenne de conseil stratégique pour la réforme des forces armées centrafricaines (EUMAM RCA), alors que le mandat de l'opération militaire actuelle (EUFOR RCA) arrive à échéance dimanche 15 mars. La décision initiale du Conseil a subi un léger ajustement, du fait d'un manque d'empressement des États membres, excepté de la France, à contribuer à cette mission. Il était en effet prévu de lancer la mission une fois réuni un minimum de 40 conseillers militaires, ce qui n'a pu se faire à ce jour. La mission débutera donc ses activités avec un effectif moindre, essentiellement français, et avec l'appui de la force française SANGARIS présente sur place.
Mali. Le Conseil adoptera des conclusions qui devraient condamner dans les termes les plus fermes la récente attaque terroriste à Bamako (EUROPE 11270). Il appellera à la signature et à la conclusion rapide, par toutes les parties - y compris les mouvements de l'Azawad - de l'accord d'Alger paraphé le 1er mars.
Golfe de Guinée. Le Conseil adoptera sans débat le plan d'action de l'UE 2015-2020 pour le golfe de Guinée conçu pour soutenir les efforts des pays de la région pour lutter contre la piraterie, la pêche illégale et le crime organisé, et d'assurer la sécurité maritime en aidant ces pays à renforcer leurs institutions et leurs infrastructures.
Ebola. Le Conseil adoptera des conclusions qui avaliseront la déclaration finale des co-présidents africains de la conférence internationale sur Ebola qui, le 3 mars denier à Bruxelles, avait demandé un soutien accru de la communauté internationale aux pays d'Afrique de l'Ouest pour parvenir à éradiquer le virus et redresser leurs économies (EUROPE 11266 et 11265). Le Conseil devrait inviter l'UE et ses Etats membres à débourser l'argent promis et demander au SEAE d'explorer les moyens de renforcer les systèmes de santé des pays touchés pour éviter à l'avenir qu'une pareille tragédie ne se reproduise.
Burundi. Dans des conclusions, le Conseil devrait encourager la tenue d'élections présidentielles inclusives pacifiques que l'Union européenne est prête à soutenir par l'envoi d'une mission d'observation électorale en avril.
Bosnie-Herzégovine. Les ministres devraient décider d'ouvrir la voie à la mise en application de l'accord d'association avec la Bosnie-Herzégovine, après l'engagement récent pris par les autorités du pays à entreprendre des réformes dans le cadre du processus d'adhésion à l'UE (EUROPE 11261). Une fois cette décision adoptée, la mise en application de cet accord devrait se faire dans les deux mois.
Le Conseil d'Association UE/Moldavie, le premier du genre, fera le point sur la mise en œuvre de l'accord en vigueur depuis le 1er septembre 2014
Le Conseil d'Association UE/Tunisie fera un état des lieux après la phase de transition institutionnelle. L'UE réitérera sa demande de reprendre le cours des négociations, sur le commerce en particulier. (Aminata Niang et Jan Kordys)