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Bulletin Quotidien Europe N° 11257
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) jai

'Triton' prolongée jusqu'à fin 2015, mais sans extension de son action

Bruxelles, 19/02/2015 (Agence Europe) - Le commissaire européen aux Migrations et aux Affaires intérieures, Dimitris Avramopoulos, a annoncé, jeudi 19 février, l'extension de l'opération de surveillance des frontières Triton, menée par l'agence Frontex, jusqu'à la fin de l'année 2015 avec une enveloppe supplémentaire de près de 19 millions d'euros (18 250 000 euros) provenant du Fonds de sécurité intérieure.

L'Italie va aussi recevoir une enveloppe supplémentaire de 13,7 millions d'euros pour faire face à l'afflux de migrants ainsi qu'une enveloppe de 500 000 euros dans quelques jours pour l'aide médicale assurée sur les bateaux de secours.

Alors que les garde-côtes italiens ont secouru encore des milliers de migrants au cours des derniers jours, la Commission s'est dite également prête jeudi à augmenter encore les ressources de Triton si Rome devait en faire la demande, mais, pour l'heure, les moyens de Triton devraient rester les mêmes. L'Italie sera en tout cas la première bénéficiaire des fonds 'migration' européens pour la période 2014-2020 avec plus de 520 millions d'euros à sa disposition, a insisté l'exécutif européen.

Lancée depuis le 1er novembre pour remplacer l'opération de la marine italienne de secours en mer Mare Nostrum, l'opération Triton, qui a pu sauver jusqu'ici près de 19 000 personnes, repose actuellement sur la participation de 21 États membres qui mettent à disposition de Frontex des navires, hélicoptères ou ressources humaines. Mais le budget de l'opération reste beaucoup plus faible que celui de Mare Nostrum, tournant autour de 2,9 millions par mois, contre le triple pour Mare Nostrum que finançait le gouvernement italien. Ainsi, l'annonce du commissaire grec ne change pas la donne, le budget de Triton restant inchangé.

C'est d'ailleurs ce qu'a regretté l'ONG Amnesty International peu de temps après l'annonce du commissaire. Les déclarations de M. Avramopoulos comportent « une bonne analyse de la situation d'ensemble, mais n'offrent pas de solutions concrètes pour protéger et sauver les vies ». « Nous sommes d'accord qu'une solution européenne est urgente. Mais étendre l'opération Triton sans augmenter ses moyens et sa zone opérationnelle ne change rien », a dit l'ONG dans un communiqué. La Commission n'a pas non plus annoncé de changement dans le mandat de Triton qui reste essentiellement une mission de surveillance des frontières de l'UE et non de secours en mer, même si elle est amenée à en faire

Le commissaire Avramopoulos a rappelé jeudi qu'il convenait de travailler sur les causes de la migration et de comprendre pourquoi les gens veulent fuir. Il a également appelé à la solidarité entre États membres pour accueillir les réfugiés de guerre et veut relancer avec eux l'idée d'un programme européen de réinstallation des réfugiés sur le territoire des États membres.

Ceux-ci ont toujours rejeté jusqu'à présent un tel programme, soutenu par le Parlement européen, et opté pour des démarches individuelles. Le commissaire grec a toutefois indiqué que la Commission travaillait sur un cadre commun avec les États membres et que les voies légales d'arrivée dans l'UE devaient être amplifiées (le commissaire avait émis le souhait en septembre que les visas puissent être accordés aux personnes nécessitant une protection directement depuis les ambassades et consulats, leur évitant ainsi des voyages périlleux). La coopération avec les pays d'origine et de transit, un travail qui revient notamment à la Haute Représentante, Federica Mogherini, devra aussi être renforcée.

Toutes ces actions feront l'objet d'un suivi lors du Conseil des ministres de l'Intérieur, le 12 mars. D'ici là, la Commission aura également tenu un premier débat d'orientation sur sa future Approche globale des migrations. Lors de ce débat, il s'agira notamment de discuter de la répartition et de l'utilisation des ressources, mais il n'est pas certain que beaucoup d'éléments nouveaux en sortent. Ce futur Agenda doit, entre autres, traiter de la question des trafiquants et passeurs. « Il faudra mobiliser tous les moyens », a indiqué Dimitris Avramopoulos qui a reconnu jeudi l'échec, jusqu'à présent, de la politique migratoire européenne. Mais le commissaire grec a assuré qu'il disposait maintenant du soutien de toutes les capitales pour mener « une vraie politique migratoire commune ». Le commissaire a également promis que l'Europe ne se laisserait « pas intimider » par les menaces proférées par l'État islamique, l'organisation terroriste ayant récemment menacé « d'envoyer 500 000 migrants vers l'UE » si cette dernière devait intervenir en Libye. (Solenn Paulic)

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