Bruxelles, 19/02/2015 (Agence Europe) - La Hongrie s'oppose au projet de la Commission européenne visant à superviser les accords intergouvernementaux (AIG) entre des États membres et des pays tiers dans le domaine de l'énergie, a prévenu le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, mercredi 18 février, au lendemain des discussions sur la modification du contrat gazier de long terme entre la Hongrie et la Russie.
« Nous aurons un problème majeur. Je m'attends à un gros combat », a déclaré M. Orban devant la presse, au lendemain de la visite à Budapest, mardi 17 février, du président russe, Vladimir Poutine. L'approche actuelle de la Commission « montre que l'UE se dirige vers une Union de l'énergie qui entrave la souveraineté nationale », a-t-il ajouté, dans des propos relayés par l'agence Dow Jones.
La Hongrie veut modifier et prolonger son contrat gazier de 20 ans avec la Russie, qui expire à la fin de l'année, pour lui donner plus de flexibilité sur les paiements. L'objectif est d'utiliser, au cours des quatre ou cinq prochaines années, le gaz non consommé à l'expiration du contrat et d'éviter de le payer en vertu de son contrat de long terme. Cette restructuration des livraisons de gaz en vertu de l'actuel contrat signifie que la Hongrie n'aurait pas à informer l'UE, a laissé entendre M. Orban.
Mardi, le commissaire pour l'Union de l'énergie, Maros Sefcovic, avait dit attendre que la Hongrie implique la Commission européenne dans les négociations pour son nouveau contrat gazier avec la Russie. « Idéalement, la Commission devrait faire partie de l'équipe de négociation. L'un des éléments clés pour la sécurité énergétique de l'UE devrait d'abord être une transparence accrue », avait insisté M. Sefcovic, dans des propos relayés par le Wall Street Journal.
Dans le cadre de son paquet de propositions pour l'Union de l'énergie qu'elle dévoilera le 25 février, la Commission veut réexaminer le règlement de 2012 sur la transparence des AIG entre les États membres et des pays fournisseurs tiers en matière d'approvisionnement énergétique pour garantir leur transparence et leur conformité avec les règles du marché intérieur de l'énergie et les critères de sécurité énergétique de l'UE. L'exécutif européen envisage un mécanisme de pré-consultation obligatoire de la Commission par les États membres, avant de signer un AIG avec un pays tiers. « Je pense que nous devons établir des règles du jeu équitables pour partager davantage l'information », insistait M. Sefcovic mardi, précisant que le but de la Commission est de veiller à ce qu'aucun fournisseur d'énergie ne soit en situation de monopole sur un marché de l'UE et d'empêcher des fournisseurs tiers d'obtenir un avantage concurrentiel injuste dans les pourparlers avec les États membres individuels. L'exécutif européen a notamment dans le viseur les accords gaziers secrets conclus entre le gazier russe Gazprom et des pays membres de l'UE qui étaient parties prenantes au projet de gazoduc South Stream, désormais abandonné par Moscou. (Emmanuel Hagry)