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Bulletin Quotidien Europe N° 11257
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) grÈce

La demande grecque d'extension du MFAFA loin de faire l'unanimité

Bruxelles, 19/02/2015 (Agence Europe) - Le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, a annoncé, jeudi 19 février, avoir reçu la requête grecque pour une extension de six mois de l'accord de financement conclu avec la zone euro.

Plus précisément, la Grèce demande une extension de l'accord-cadre d'assistance financière ou 'Master financial assistance facility agreement' (MFAFA). C'est déjà en ces termes que le gouvernement grec d'Antonis Samaras avait demandé une extension de deux mois de cet accord, en décembre dernier. Sur cette base, l'Eurogroupe se réunira physiquement, et non par conférence téléphonique, ce vendredi 20 février à Bruxelles. Jeudi après-midi, les experts nationaux préparaient le terrain au sein du groupe de travail sur l'euro.

Pour la Commission, ce 'MFAFA' est le « terme juridique pour décrire en détail le programme actuel », a dit Margaritis Schinas, porte-parole de l'institution. Ce texte, signé en 2012, prévoit clairement que la disponibilité de l'assistance du Fonds européen de stabilité financière (FESF) est conditionnée « au respect par l'État bénéficiaire des mesures inscrites dans le protocole d'accord (le 'MoU') » et à la décision favorable pour un versement des États garants du FESF, sur base des conclusions des missions régulières.

Dans sa lettre, le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, écrit que les autorités grecques honoreront les obligations financières du pays « envers tous ses créanciers » et souligne son intention de coopérer avec ses partenaires, pour éviter des obstacles techniques dans le contexte du MFAFA « que nous reconnaissons comme contraignant vis-à-vis de son contenu financier et procédural ». Les six mois d'extension, pendant lesquels le « meilleur usage de la flexibilité de l'arrangement actuel » doit être fait, permettrons de travailler vers sa « conclusion réussie » sur base des propositions des institutions et du gouvernement. Le gouvernement veut une compréhension mutuelle sur une mise en oeuvre de l'accord qui stabilisera la situation budgétaire de la Grèce, pour notamment atteindre « des excédents budgétaires appropriés ». Le gouvernement s'engage à ne pas prendre d'action unilatérale qui minerait les objectifs budgétaires, la reprise économique et la stabilité financière. Il demande que la BCE (Banque centrale européenne) accepte à nouveau la dette grecque en collatéral et que la disponibilité des obligations du FESF mises de côté pour les banques dans le HFSF soit prolongée. Le gouvernement entend également commencer le travail avec les équipes techniques sur un possible « nouveau contrat pour la reprise et la croissance » entre la Grèce, la zone euro et le FMI. Pendant la période d'extension, il accepte le principe d'une supervision de la Commission, de la BCE et du FMI, alors que le gouvernement grec rejetait en bloc la présence de la 'troïka' à Athènes. Enfin, la Grèce demande une discussion sur de nouvelles mesures pour la dette, comme l'Eurogroupe s'y est engagé en novembre 2012.

Citée par l'AFP, une source gouvernementale grecque a estimé que la Grèce était en ligne avec ses promesses et « n'avait pas demandé d'extension du mémorandum », mais de l'accord de prêt. Une tactique que l'Allemagne a tout de suite remarquée. La lettre d'Athènes « n'est pas une proposition substantielle de solution », a dit dans un communiqué Martin Jäger, porte-parole du ministère allemand des Finances, ajoutant qu'en fait elle allait dans la direction « d'un financement relais, sans remplir les exigences du programme ».

La Commission estime, quant à elle, que la lettre grecque est « un signe positif qui peut ouvrir la voie à un compromis logique pour le bénéfice de la stabilité financière de l'eurozone ». Le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, a eu des contacts nombreux pendant la nuit, selon M. Schinas. Outre l'Allemagne, la Slovaquie a également tracé ses lignes rouges. « Il serait impossible d'expliquer au public que la pauvre Slovaquie doit compenser pour la Grèce », a dit le Premier ministre slovaque, Robert Fico, au Financial Times. M. Fico ainsi que le ministre estonien des Finances, Maris Lauri, ont estimé qu'un 'Grexit' aurait peu d'effets. Le ministre italien, Pier Carlo Padoan, a quant à lui dit à l'Espresso qu'il soutenait la demande grecque. (Elodie Lamer)

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