Bruxelles/Riga, 19/02/2015 (Agence Europe) - Le président ukrainien a appelé, mercredi 18 février, l'Union européenne à déployer, sous mandat de l'ONU, une mission de police pour veiller au respect du cessez-le-feu dans l'est de l'Ukraine. L'UE renvoie à l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).
Le Conseil national de sécurité ukrainien a validé, mercredi 18 février, la demande du président de faire venir des soldats de maintien de la paix des Nations Unies en Ukraine, qui agiraient en conformité avec le mandat du Conseil de sécurité de l'Onu. « Le meilleur format est la mission de police de l'UE », a expliqué le président devant les membres du Conseil national de sécurité. «Elle sera le garant le plus efficace de la sécurité, alors même que le mot de paix n'est pas respecté par la Russie pas plus que par ceux qu'elle soutient », a-t-il expliqué. « Une décision a été prise de faire appel à l'ONU et à l'UE concernant la mise en place en Ukraine d'une opération de maintien de la paix et de la sécurité », a expliqué le secrétaire du Conseil national de sécurité ukrainien, Olexandre Turchynov. Les missions de police de l'UE ne dépendent pas d'un mandat de l'ONU et nécessitent l'accord des États membres.
Catherine Ray, porte-parole de la Haute Représentante, , a expliqué que l'OSCE était déjà sur le terrain pour suivre la situation et que l'UE lui apportait un soutien technique et financier. Elle a rappelé que l'objectif était la mise en oeuvre pleine et entière des accords de Minsk. « Nous sommes prêts à faire davantage, si besoin, pour la mise en oeuvre des accords », a-t-elle ajouté, sans pour autant être plus précise.
Selon une source européenne, la demande de M. Porochenko n'a pas encore été reçue par l'UE.
À Riga, le secrétaire général adjoint du Service européen pour l'action extérieure, Maciej Popowski, a aussi souligné que la priorité de l'UE était de soutenir les accords de Minsk. « Il y a besoin de plus de clarté » sur la proposition de M. Porochenko, a-t-il ajouté. Il a précisé que l'UE allait fournir des véhicules blindés à l'OSCE et des images satellites pour contrôler le cessez-le-feu. Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a rappelé que les accords de Minsk prévoyaient le déploiement de 400 observateurs de l'OSCE pour assurer le respect des accords. « Si des demandes existent, elles doivent être faites dans le cadre de ces accords », a-t-il ajouté.
L'ambassadeur russe à l'ONU s'est opposé à cette idée de force de maintien de la paix.
Par ailleurs, le commissaire Avramopoulos, dans une réponse à un député, a expliqué que depuis novembre 2014, 11 170 citoyens d'Ukraine avaient cherché une protection internationale dans l'UE, soit dix fois plus qu'en 2013 (1 125 demandes). Chaque État membre a reçu au moins une demande, l'Allemagne, la Pologne, la Suède, l'Italie et la France ayant reçu une majorité d'entre elles. Les Ukrainiens représentaient 2% de tous les demandeurs d'asile internationaux dans l'UE en 2014. Selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, en raison du conflit en Ukraine, 942 000 personnes environ ont été déplacées et 600 000 personnes ont fui dans les États voisins. (Camille-Cerise Gessant et Jan Kordys)