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Bulletin Quotidien Europe N° 11257
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) dÉfense

L'UE peine à trouver un rythme pour développer la PSDC

Riga, 19/02/2015 (Agence Europe) - La réunion informelle semestrielle des ministres de la Défense des États membres de l'UE, qui a eu lieu mercredi 18 et jeudi 19 février à Riga, a été l'occasion de faire le constat d'un certain échec: l'UE n'a toujours pas réussi à développer davantage sa politique de sécurité et de défense commune (PSDC), malgré un Conseil européen (décembre 2013) censé relancer cette politique et l'émergence de crises de plus en plus nombreuses aux portes de l'UE, dont celles qui se déroulent en Ukraine et en Libye.

À Riga, sur les trois sujets discutés par les ministres, à savoir la préparation du Conseil européen de juin 2015 consacré à la PSDC, la communication stratégique et la guerre hybride, et la question de l'engagement des groupements tactiques de l'UE, aucune avancée significative n'a été réalisée.

En dressant le bilan de cette réunion, le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a noté un point positif: « Les questions de défense font désormais partie de la feuille de route régulière des Conseils européens et c'est une avancée importante ». Cette avancée a été confirmée par les ministres à Riga.

Mais, pourquoi souligner une telle « avancée », alors qu'elle semblait acquise depuis le sommet de fin 2013, lequel s'était lui-même fixé rendez-vous pour juin 2015 pour faire une nouvelle fois le point sur la PSDC ? Selon une source diplomatique, la raison est simple: des voix s'élevaient pour supprimer la défense de l'ordre du jour du sommet de juin prochain, car certains jugeaient qu'il n'y a pas assez de questions à traiter à ce niveau. Ce scénario a finalement été écarté et le Conseil européen traitera bien une nouvelle fois de la défense, mais cela souligne le manque de progrès dans la mise en oeuvre des initiatives agréées fin 2013.

Les ministres se sont ainsi attelés à chercher des thèmes qui seront soumis dans 4 mois aux chefs d'État ou de gouvernement. Le thème le plus mis en valeur à Riga a été celui de l'élaboration d'une nouvelle stratégie de sécurité de l'UE, dont la version actuelle date de 2003. Un consensus existe à la fois sur le besoin de lancer le processus de son élaboration en juin 2015 et sur l'idée d'y inclure un volet de politique étrangère, comme suggéré par la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini. Le calendrier nécessaire à un tel processus reste toutefois à clarifier. Ce sera peut-être six mois ou plus, a affirmé à EUROPE un responsable du Service européen pour l'action extérieure (SEAE).

Le débat qu'ont eu les ministres sur la communication stratégique et la guerre hybride est directement lié aux événements en cours dans l'est de l'Ukraine. La participation à ce débat du secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, s'explique par le fait que les travaux que mène l'OTAN sur ces deux points sont beaucoup plus avancés que du côté de l'UE, a dit un diplomate. Ainsi, sans surprise, c'est sur le besoin d'avoir une meilleure coopération entre l'UE et l'OTAN que les ministres ont insisté. Par ailleurs, des Etats membres comme la Pologne et les pays baltes ont aussi continué à plaider en faveur d'un soutien financier de l'UE pour créer une télévision internationale qui diffuserait les informations en langue russe.

Le dernier point discuté lors de cette réunion a été celui des groupements tactiques, qui sont une sorte de force militaire de réaction rapide, dont l'UE dispose pour réagir à des crises, mais qui n'ont encore jamais été employés. Ils n'ont jamais servi parce qu'il y a un blocage politique pour le faire: Londres y est par principe opposé et la prise en charge des coûts de déploiement n'est que très faiblement mutualisée (à hauteur de 10% selon Paris). Comment sortir de cette impasse ? Comme l'a remarqué M. Le Drian, on en parle depuis longtemps et, d'habitude, « plus on en parlait, moins on s'en servait ». La réunion à Riga a, une fois de plus, confirmé cette règle: le débat a été riche en idées, mais pauvre en solution. (Jan Kordys)

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