Bruxelles, 11/02/2015 (Agence Europe) - Le Conseil européen évoquera, jeudi 12 février, la façon d'améliorer la coordination des politiques économiques au sein de l'Union économique et monétaire (UEM).
Ce sujet aurait dû être le thème phare du sommet informel, mais l'actualité bouleverse l'agenda (voir autres nouvelles). Selon le scénario évoqué, la note analytique que le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, avait été chargé de préparer ne sera pas présentée aux Vingt-huit, mais transmise vendredi afin de ne pas interférer avec le dossier grec. « Le contexte en Grèce rend la question de la note écrite délicate », a noté un ambassadeur pour qui il s'agira simplement de « lancer la réflexion ».
L'objectif des discussions du Conseil européen, auquel assisteront les présidents de la BCE et de l'Eurogroupe, consistera à fournir des orientations de travail aux '4 présidents' (Commission européenne, Conseil européen, BCE, Eurogroupe) en vue de la rédaction d'un rapport plus étoffé pour le sommet de juin.
Pour le président du Conseil européen, Donald Tusk, le débat doit être centré sur les actions à entreprendre, à court terme et à traité constant, afin de favoriser l'appropriation par les États membres des réformes structurelles préconisées et de leur suivi à l'échelon européen. « Beaucoup de choses dépendent de la mise en oeuvre au niveau national », a confirmé un haut fonctionnaire européen, notant « un faible enthousiasme » des États membres vis-à-vis d'une révision du traité. La Commission estime possible, à traité constant, de muscler le processus budgétaire du 'Semestre européen' en stimulant un dialogue plus politique dans les capitales sur les réformes structurelles à mener en présence des commissaires compétents et avec l'ensemble de l'échiquier politique et les partenaires sociaux.
Mécontentement allemand. La perspective d'attendre juin pour faire décoller ce dossier n'enchante guère les pays du Nord, dont l'Allemagne, qui espéraient des réponses plus rapides, alors que la Commission a présenté un plan censé attirer 315 milliards d'euros d'investissements privés sur 3 ans et a interprété la flexibilité du Pacte de stabilité et de croissance et que la BCE démarrera en mars un programme de rachat de dette privée et publique ('quantitative easing' à l'européenne) afin de faire remonter l'inflation.
Est en revanche définitivement enterrée l'idée allemande d'engager les États membres, par le biais de contrats, dans un processus de réformes en échange d'une incitation financière. (Mathieu Bion avec EL/JK)