Bruxelles, 11/02/2015 (Agence Europe) - Le sommet des dirigeants européens, qui se tient à Bruxelles ce jeudi 11 février, sera le premier d'Alexis Tsipras, Premier ministre grec.
Si aucun débat de fond n'est attendu - le dossier doit être réglé au niveau ministériel au sein de l'Eurogroupe - plusieurs sources ont rappelé la possibilité qu'a le dirigeant de prendre la parole. Ce sera, pour plusieurs délégations qui n'ont pas encore rencontré le nouveau gouvernement grec, l'occasion de voir quelles sont les intentions de M. Tsipras, ses objectifs, son état d'esprit.
Dans le passé, les leaders européens ont plusieurs fois saisi l'occasion qu'offraient les sommets pour réaffirmer clairement que la Grèce faisait partie de la zone euro. Cette fois, ce n'est pas attendu. Cette position n'a, bien sûr, pas changé, « mais cette fois, la balle est dans le camp des Grecs », a résumé un diplomate.
Le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, fera rapport aux Vingt-huit sur l'issue des discussions qui se sont tenues mercredi soir lors d'un Eurogroupe exceptionnel (voir autre nouvelle).
M. Tsipras « s'exprimera devant un auditoire qui n'est pas tout à fait le parlement grec », a ironisé un autre diplomate, en référence aux propos revendicatifs sur la dette nazie envers la Grèce ou sur la fin pure et simple du plan de sauvetage grec qu'a exprimés par le jeune premier ministre en début de semaine. Celui-ci a d'ailleurs obtenu la confiance (162 voix pour, 137 contre) du parlement national, mardi soir. Ces chiffres reflètent la force de la nouvelle coalition gouvernementale mais sont insuffisants pour élire un nouveau président de la république, pour lequel 180 voix sont nécessaires. C'est précisément le vote du candidat du gouvernement Samaras qui avait précipité le pays aux élections anticipées, notait un diplomate mercredi.
Le vote au Parlement grec a fait suite à un discours plutôt défiant du Premier ministre, pendant lequel il a dit que son pays ne pouvait « pas retourner à un âge de plans d'aide et de soumission ». Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble « peut nous le demander de n'importe quelle façon, nous ne demanderons pas d'extension du plan d'aide », a-t-il également lancé. (Élodie Lamer)