Strasbourg, 11/02/2015 (Agence Europe) - Les eurodéputés ont mis, mardi 10 février, à Strasbourg, la Commission au pied du mur à propos de la tolérance zéro contre les mutilations génitales féminines. Ils ont cherché à savoir si la Commission mettait bien en œuvre le plan d'action de 2013. La Commission européenne semble surtout se concentrer, à ce stade, sur la collecte de données.
Lors d'un débat en séance plénière, Iratxe Garcia Perez (S&D, espagnole) a interrogé la commissaire responsable de l'Égalité des femmes, Vera Jourova, sur les actions entreprises et à venir pour lutter contre les mutilations génitales féminines. Trois millions de femmes en seraient victimes dans le monde, dont 500 000 en Europe. Les eurodéputés se sont montrés sceptiques sur l'action européenne pour éradiquer une pratique qualifiée de scandaleuse ou barbare. Ils ont déploré que le plan d'action de la Commission, datant de 2013, ne soit pas assorti d'un calendrier permettant d'évaluer les résultats ou de fixer des actions concrètes futures.
Absence de données. La commissaire a énuméré certaines actions entreprises ces derniers mois (conférences ou ateliers sur le sujet, formations du Service européen pour l'action extérieure). Mais la Commission a fait un aveu d'impuissance, en raison du manque de données, les plus récentes datant de 2007. M. Jourova a admis qu'il était difficile de lutter contre le fléau sans statistiques fiables et que ce type de données étaient difficiles à récolter. « Le plan d'action ne sera pas efficace sans données fiables, nous travaillons là-dessus ». En effet, la Commission collabore actuellement avec l'Institut européen pour l'égalité des genres en vue de développer une méthodologie commune et des indicateurs pour déterminer les risques de mutilations génitales féminines dans les États membres. « Cela nous dira quelles sont les raisons derrière cette pratique toujours en vigueur ou abandonnées parmi la population immigrée dans l'UE. Cela nous aidera à développer une stratégie efficace pour mettre fin à ce fléau », a indiqué M. Jourova.
La commissaire a regretté que les États membres n'utilisent que peu souvent leurs lois les autorisant à entamer des poursuites en cas de mutilations génitales féminines. En effet, à ce jour, seules 41 procédures pénales ont été engagées dans 11 États membres au total. (Marie-Pauline Desset)