Bruxelles, 12/12/2014 (Agence Europe) - Les ministres de la Pêche des pays de l'UE vont devoir négocier dans la douleur, lundi 15 et mardi 16 décembre à Bruxelles, la fixation des totaux admissibles de captures (TAC) et quotas pour 2015.
Les débats s'annoncent ardus car il s'agit de la 1ère année d'application concrète de la réforme de la politique commune de la pêche (obligation de débarquer toutes les captures, atteinte du rendement maximal durable). La Commission européenne a fait des propositions très dures pour les pêcheurs, en souhaitant que le RMD soit atteint dès 2015 pour la plupart des stocks. Plusieurs pays (Espagne, France, Royaume-Uni, Allemagne…) prônent une approche plus graduelle avec l'atteinte du RMD en 2015 lorsque cela est possible et au plus tard en 2020. Les négociations se déroulent dans un contexte particulièrement difficile pour les pêcheurs. Les mesures techniques mettant en musique la réforme ne seront pas en place dès le 1er janvier 2015 (retard dans l'adoption du règlement mettant en oeuvre l'obligation de débarquement). En outre, les programmes du FEAMP (Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche) devant aider les pêcheurs à mettre en oeuvre la réforme ne sont pas encore adoptés par la Commission.
Les discussions devraient porter notamment sur les stocks suivants: anchois: Espagne et Portugal demandent une hausse de 10% du TAC ; cabillaud en mer Celtique: la Commission propose -64%, alors que France, Irlande et Belgique demandent une baisse moins sévère. La France (panneau à maille carrée de 120 millimètres) et la Belgique ont fait des suggestions sur la sélectivité ; cardines dans le golfe de Gascogne: l'Espagne demande +13% ; lotte: la baisse de 12% proposée est contestée par France, Royaume-Uni et Espagne ; églefin en mer du Nord: le Royaume-Uni demande +12% ; églefin en mer Celtique: la Commission propose -41%, ce qui est jugé trop sévère par France, Belgique et Royaume-Uni (problèmes de rejets) ; merlu: l'Espagne demande +26% ; langoustine en mer Celtique: la réduction de 20% déplait au Royaume-Uni et à l'Irlande ; langoustine dans le golfe de Gascogne: la Commission propose -17%, alors que France et Espagne demandent la reconduction du TAC ; raies: plusieurs pays (France, Espagne, Irlande, Belgique) demandent le maintien des TAC ; sole en mer du Nord: Pays-Bas, Belgique demandent la maintien du TAC ; sole en Manche est: la Commission propose une baisse de 60% et la France est prête à prendre des mesures ambitieuses, si la Commission accepte de serrer un peu moins la vis ; sole du golfe de Gascogne: France et Belgique demandent le maintien du TAC à 3 800 tonnes. (LC)