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Bulletin Quotidien Europe N° 11203
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) Économie

L'ADLE en faveur d'un plan d'investissement plus ambitieux

Lisbonne, 21/11/2014 (Agence Europe) - La présentation, la semaine dernière, d'un plan d'investissement de 700 milliards d'euros par l'ADLE, soit plus du double de celui que le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, doit présenter cette semaine, n'est pas de nature à miner sa crédibilité, a dit Sir Graham Watson, président du parti ADLE, lors d'un entretien accordé à EUROPE pendant le congrès du parti à Lisbonne.

« Je ne crois pas que cela mine la crédibilité (du plan Juncker). Cela montre que son idée est bonne, que nous avons besoin d'investissements dans les infrastructures. Mais si on veut le faire sérieusement, on peut aller plus loin que ces 300 milliards », a dit Sir Graham Watson. « On l'appelle à être un petit plus ambitieux», explique-t-il.

Interrogé sur les similarités entre le plan de l'ALDE et celui de M. Juncker, le Britannique estime que le nombre de secteurs dans lesquels « vous pouvez investir avec un rendement plutôt rapide est limité et on peut le résumer en une phrase: connecting Europe ». Et d'évoquer le haut débit, les réseaux de transport et la distribution de l'énergie, en particulier l'électricité. « On a des réseaux plutôt bons pour le pétrole et le gaz, mais nous avons besoin d'un meilleur système d'électricité si nous voulons passer d'une économie sur les combustibles fossiles à une économie à teneur faible en carbone ».

Le projet des libéraux prévoit une double condition pour l'octroi d'un financement: les États où un projet serait mis en oeuvre seraient tenus d'appliquer les réformes structurelles inscrites dans les recommandations de politique socio-économique que leur fixe le Conseil européen, et leur budget national pour l'année suivante devrait avoir reçu une appréciation positive de la Commission

« L'idée est qu'un État membre serait éligible à ce genre d'investissements, s'il fait ce pourquoi il a signé. Ce n'est pas un bâton, c'est une carotte », dit M. Watson. L'idée est de faire bouger le curseur entre les pays qui, d'un côté, ne respectent pas les règles et veulent des investissements et ceux qui respectent les règles et ne veulent pas d'investissement, selon lui. Nous voulons « créer une approche de consensus par laquelle la France et l'Italie prennent plus au sérieux leur engagement à l'égard du Pacte de stabilité et de croissance et l'Allemagne prend des mesures pour relancer l'économie ».

La Commission doit rendre vendredi ses avis sur les plans de budgets nationaux et doit, selon Sir Graham Watson, adopter une position ferme envers « tous les États membres lorsqu'il s'agit de la mise en oeuvre de la législation déjà adoptée. La France ne devrait pas en être exemptée ». « M. Juncker doit établir tôt le fait que peu importe la taille d'un État, il doit se plier aux règles ».

Luxleaks. Malgré le scandale de Luxleaks qui l'éclabousse, M. Juncker est toujours le bon choix pour l'Europe, selon le Britannique. D'abord car en tant que Spitzenkandidaten du parti arrivé en tête des élections en mai, il était démocratiquement le choix qui s'imposait. Ensuite, car il est celui, parmi les autres Premiers ministres en fonction, qui a le plus d'expérience en matière de gestion de l'Europe. « Il a l'énergie pour continuer et une vison pour l'Europe », ajoute le président du parti ADLE.

Il n'empêche que l'UE doit avoir une approche plus cohérente en ce qui concerne la fiscalité. « Les Etats ne veulent pas de l'ACCIS et une majorité des partis politiques non plus », estime Graham Watson, mais cette proposition devrait tout de même voir le jour. « Il s'agit de lancer une idée et d'attendre le bon moment sur le plan politique », conclut-il, établissant un parallèle avec la régulation financière, à laquelle personne n'aura cru il y a quelques années. Quant à la motion de méfiance déposée la semaine dernière par les eurosceptiques de l'ELLD et des non-inscrits « je pense que tout le monde la voit pour ce qu'elle est: un stratagème opportuniste ». Le vote dégagera « une majorité fortement pro-Commission ». (EL)

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