Bruxelles, 24/11/2014 (Agence Europe) - La Tunisie a voté dimanche 23 novembre, pour la première fois de son histoire, pour l'élection au suffrage universel direct d'un président de la république.
Cette élection suit de près d'un mois les élections législatives et qui consacrent la fin de la période transitoire. Elles ont donné la primauté (et non la majorité absolue) au mouvement 'Nida Tounes', plateforme large de personnalités en faveur d'un État régi par le droit et non par les édictions religieuses. Et c'est le candidat de cette tendance, Beji Caïd Essebsi qui, selon les dernières estimations, paraît s'être placé en tête. Il devra se confronter au cours d'un deuxième tour au président sortant (intérimaire), Moncef Marzouki, lequel bénéficiait du soutien implicite du parti islamiste Ennahdha.
Selon divers témoignages de la société civile, d'observateurs étrangers et des médias, le scrutin s'est déroulé dans de relatives bonnes conditions avec des incidents jugés sans effet. C'est ce qu'a souligné aussi, dimanche, la Haute Représentante pour la politique extérieure, Frederica Mogherini. Elle prend note que les élections « se sont tenues dans le calme ». Elles « marquent une étape supplémentaire dans la transition démocratique.», dit-elle dans cette déclaration. Relevons qu'aucune prise de position n'a été faite en octobre, ni sur le déroulement du scrutin législatif, ni sur ses résultats (en particulier le reflux du parti religieux Ennadha) signifiant le rejet par la voie des urnes, pour la première fois dans l'histoire de la région, d'un parti d'une telle obédience, religieuse.
L'UE « soutient pleinement les efforts du peuple tunisien dans ce sens et a déployé une mission d'observation électorale présidée par Mme Neyts-Uyttebroek, membre du Parlement européen, qui s'exprimera ce mardi », a indiqué Mme Mogherini. « Il reste désormais aux Tunisiens à compléter le processus électoral dans la transparence et le respect. ». L'UE se dit « prête à continuer à soutenir la Tunisie dans ses efforts vers la stabilité et le développement économique et social du pays ».
Le Conseil de l'Europe a aussi salué le déroulement de l'élection présidentielle en Tunisie. « La bonne tenue du premier tour marque une nouvelle étape dans la transition démocratique », a déclaré Jean-Marie Bockel, chef de la délégation de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE), qui a observé le premier tour de l'élection présidentielle du 23 novembre 2014 en Tunisie. Par ailleurs, le Conseil de l'Europe souligne que « certains aspects du processus électoral méritent d'être améliorés, en bénéficiant, le cas échéant, de l'expertise de la Commission de Venise ». (FB)