Bruxelles, 14/11/2014 (Agence Europe) - Il y a six ans, l'impact de la crise financière globale a eu des répercussions dans le monde entier. Alors que ces années de crise sont derrière nous, nous luttons toujours contre ses conséquences en termes de dette et de chômage.
Le défi pour les leaders du G20 est clair: accélérer la croissance, stimuler l'emploi et renforcer la résilience financière. Nous devons encourager la demande pour écarter le risque de déflation qui menace les principales économies européennes.
La directrice générale du FMI, Christine Lagarde, nous a pressés de trouver un nouvel élan favorisant plus de croissance et d'emplois, une meilleure croissance et de meilleurs emplois. Cela signifie créer les conditions adéquates permettant l'essor du secteur privé. Cela signifie avoir la volonté de recourir à l'investissement dans les infrastructures pour stimuler la croissance.
Nous ne pouvons pas laisser la reprise s'éteindre, c'est pourquoi je demanderai aux leaders du G20 de faire plus. Au sommet du G20 de 2011, les leaders ont discuté de la nécessité d'avoir la volonté politique. Les leaders ont compris que le G20 est le plus efficace quand nous nous engageons à agir ensemble et quand nous exerçons notre volonté politique collective pour remplir ces engagements.
En 2014, nous avons oeuvré en faveur d'un objectif partagé et ambitieux: accroître le PIB du G20 d'au moins 2% supplémentaires par rapport à la trajectoire actuelle d'ici à 2018. Pour atteindre cet objectif, le G20 a identifié environ 1 000 nouvelles mesures dans leurs stratégies nationales de croissance. Courant 2014, les membres du G20 se sont mis au défi de trouver les réformes qui comptent et auront le plus grand impact.
Même si les politiques monétaires accommodantes ont toujours un rôle à jouer, le G20 doit adopter les réformes économiques de structure qui produiront une croissance prolongée. Ces réformes sont difficiles, mais pour les économies qui les adoptent, la croissance est de nouveau de retour. Cela est vrai à la fois pour le Royaume-Uni et les États-Unis.
Le stimulus budgétaire fourni par le G20 durant la crise financière mondiale a contribué à empêcher l'effondrement de l'économie mondiale. Depuis, certains gouvernements ont épuisé leur marge budgétaire. Des nouvelles sources d'investissement doivent être trouvées. À ce titre, le secteur privé a un grand rôle à jouer.
Encourager des niveaux plus élevés d'investissement dans chaque pays du G20 est essentiel pour affronter le déficit annuel de 1 000 milliards de dollars en matière d'investissement dans les infrastructures.
En septembre, les pays du G20 ont marqué un accord pour établir une 'Initiative mondiale pour l'investissement', un agenda pluriannuel visant à améliorer les conditions liées à l'investissement, mieux planifier et préparer des projets d'infrastructure et améliorer le financement à long terme.
Nous reconnaissons le besoin d'affronter le chômage des jeunes et agissons pour stimuler la participation au marché du travail, parce que ces enjeux sont critiques pour la croissance. À Brisbane, nous envisagerons de nous fixer l'objectif de réduire de 25% d'ici à 2025 la différence entre les taux d'emploi des hommes et des femmes. Diminuer d'autant ce différentiel 'de genre' signifierait l'arrivée d'un surcroît de 100 millions de femmes sur le marché du travail dans le monde.
La croissance doit être bâtie sur des fondations solides. Rétablir la résilience du secteur financier a été au coeur des efforts du G20 depuis la crise financière. Il a agi pour protéger les contribuables contre les sauvetages publics de banques d'importance systémique, pour rendre les marchés de dérivés plus sûrs, et améliorer la supervision du secteur bancaire parallèle composé d'institutions qui agissent comme des banques, mais ne sont pas soumises aux mêmes règles prudentielles.
Les résultats des récents 'stress tests' sur les banques européennes ont montré que nous sommes sur la bonne voie et que nos actions font la différence.
Il est désormais temps de tirer un trait sur la crise financière mondiale. Représentant près de 85% du PIB global et 75% du commerce mondial, le G20 peut jouer un rôle crucial en ce sens. Mais nous ne réussirons que si les leaders mettent en oeuvre les réformes nationales nécessaires pour stimuler la confiance.
Lorsque l'Australie a assumé la présidence du G20, il y a un an, notre but était que les leaders arrivent à Brisbane avec des mesures et des réformes économiques tangibles qui fassent une différence réelle et mesurable pour l'économie mondiale et la population. J'ai confiance que les leaders du G20, lorsque le sommet s'achèvera, auront marqué un accord sur un programme de travail qui affronte les questions fondamentales inhérentes à l'économie mondiale et qui engage chacun de nous à agir dans son pays.
Tony Abbott, Premier ministre de l'Australie
(Traduction Mathieu Bion)