Bruxelles, 14/11/2014 (Agence Europe) - Le commissaire européen à la Migration et aux Affaires intérieures, Dimitris Avramopoulos, s'est rendu à Washington, jeudi 13 novembre, pour son premier déplacement à l'étranger à l'occasion d'une ministérielle UE/États-Unis sur les dossiers Justice et Affaires intérieures.
L'homme politique grec a pris position sur le sujet des combattants étrangers. À ce titre, il a appelé les États-Unis à ne pas restreindre le programme 'Visa waiver' qui permet aux Européens, à l'exception de quelques pays comme la Pologne, la Roumanie ou la Bulgarie, d'entrer sans visa aux États-Unis. Alors que les deux thèmes principaux de la réunion ministérielle sur le volet 'Affaires intérieures' étaient les combattants étrangers en Syrie et en Irak et le crime organisé, le commissaire européen a expliqué qu'en ce qui concerne les combattants étrangers l'UE observe « de près la discussion aux États-Unis et surtout ceux qui appellent à une approche plus restrictive sur le programme 'Visa Waiver' ». « Je comprends parfaitement ces préoccupations. Cependant j'espère que tous les acteurs concernés livreront une réponse appropriée à cette question, qui n'empêchera pas le trajet des voyageurs de bonne foi », a-t-il affirmé.
M. Avramopoulos espère aussi que ces préoccupations liées aux djihadistes ne freineront pas les discussions sur la réciprocité en matière de visas qui doivent aboutir, selon l'UE, à une levée des obligations de visas pour tous les ressortissants européens concernés, bulgares, polonais et roumains.
Le commissaire a également abordé des dossiers 'Justice' en l'absence de son homologue Vera Jourova. Il a évoqué les dossiers relatifs à la protection des données personnelles, en particulier l'accord-cadre transatlantique sur la protection des données. Cet accord-cadre, en discussion depuis mars 2011, est en voie de concrétisation mais l'UE attend toujours que les États-Unis adoptent une législation permettant aux Européens de demander réparation devant les tribunaux américains en cas d'utilisation erronée de leurs données personnelles. Les Américains s'y sont engagés. Des discussions spécifiques ont eu lieu le 14 novembre.
La visite de M. Avramopoulos a également été l'occasion d'évoquer l'accord 'Safe Harbour', dont les failles ont été mises en lumière avec le scandale 'Snowden' des écoutes de la NSA. La Commission européenne, qui ne veut pas encore supprimer cet instrument à ce stade, avait demandé à Washington mi-2013 de mettre en oeuvre 13 recommandations d'ici à l'été 2014. La plupart des demandes ont été acceptées par les États-Unis mais les deux parties butent encore sur un aspect important: limiter l'accès aux données couvertes par l'accord 'Safe Harbour' à des fins de sécurité nationale. Cette demande revête une importance particulière pour les Européens, le commissaire espérant une reprise rapide des travaux pour trouver une solution.
Américains et Européens doivent à nouveau se rencontrer en début d'année. (SP)