Bruxelles, 07/11/2014 (Agence Europe) - Vingt-cinq eurodéputés issus des rangs des groupes S&D, Verts/ALE, ADLE, GUE/NGL et encore ELD au Parlement européen ont envoyé, le 1er novembre, une lettre au nouveau président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, lui demandant de mettre en place des mécanismes de prévention du phénomène de 'revolving door', le pantouflage des hauts fonctionnaires ou commissaires partant parfois rejoindre le secteur privé avec lequel ils travaillaient en étant à la Commission.
Cinq cas ont entaché la fin de la première Commission Barroso, expliquent les députés dans leur courrier, avec cinq commissaires sortants sur treize rejoignant l'industrie. Si le code de conduite des commissaires européens a depuis été modifié, une réforme supplémentaire est nécessaire prenant davantage en compte les critères éthiques, demandent les élus. Ils préconisent notamment que la période de notification des fonctions prises par les commissaires sortants et d'interdiction de rejoindre des lobbies soit portée à 3 ans et que le comité d'éthique actuel soit remplacé par une instance plus formelle et plus solide.
Cette demande est intervenue en amont d'une audition organisée jeudi 6 novembre sur le sujet en commission du contrôle budgétaire du Parlement européen. La Médiatrice européenne Emily O'Reilly a formulé des exigences similaires fin septembre. L'Irlandaise avait émis 16 recommandations demandant notamment à la Commission de publier régulièrement sur Internet toutes les informations pertinentes sur les hauts fonctionnaires européens qui quittent l'administration pour aller travailler ailleurs, y compris leur nom. La Commission devra, entre autres, s'assurer que le personnel chargé d'examiner ces départs de fonctionnaires dans d'autres secteurs n'ait eu aucun lien professionnel direct avec le fonctionnaire concerné.
Le président Juncker a promis un exercice de transparence aux eurodéputés lors de son élection, s'engageant d'abord à rendre obligatoire le registre des lobbyistes. (SP)