Bruxelles, 07/11/2014 (Agence Europe) - L'Eurogroupe et la Commission européenne mèneront un débat constructif avec le Portugal pour rapprocher les points de vue sur les chiffres budgétaires portugais.
« J'ai très confiance dans le gouvernement portugais et dans le travail qu'il réalise », a déclaré le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, jeudi 6 novembre. Saluant « l'excellent » travail des autorités portugaises, le commissaire aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, a reconnu qu'il existait « un écart clair dans l'évaluation du déficit prévisible par la Commission et celle du Portugal ».
Dans ses prévisions d'automne, la Commission table sur un déficit portugais à hauteur de 4,9% du PIB en 2014, stable par rapport à 2013, et à hauteur de 3,3% en 2015. Or, Lisbonne maintient l'objectif du gouvernement de ramener à 2,7% du PIB en 2015 le déficit portugais. « Nous allons mener un dialogue solide et constructif pour rapprocher les points de vue et voir quelles décisions prendre », a fait savoir M. Moscovici.
Visiblement irrité, M. Dijsselbloem n'a pas souhaité commenter la déclaration de la Commission et de la BCE publiée, la veille, à la suite de la 1ère mission de suivi après l'achèvement du plan de sauvetage portugais, en juin 2014. Dans leur déclaration, les deux institutions européennes constatent l'amélioration des conditions économiques au Portugal. « Des conditions normales de refinancement sur les marchés sont progressivement en train d'être restaurées », constatent-elles. Selon elles, la reprise est ralentie notamment par « un niveau élevé de dette publique et privée ». La Commission et la BCE constatent aussi que les efforts budgétaires visant à réduire le déficit structurel, c'est-à-dire débarrassé des effets de la conjoncture, se sont « clairement relâchés ». Et de critiquer la décision d'accroître le salaire minimal qui rendrait, d'après elles, l'accès à l'emploi des personnes les plus vulnérables « encore plus difficile ». (MB)