Bruxelles, 07/11/2014 (Agence Europe) - La discussion à l'Eurogroupe, jeudi 6 novembre, a été courte en ce qui concerne la sortie du programme d'ajustement grec, mais plus conséquente sur la cinquième mission de suivi de la 'troïka' (Commission, BCE, FMI) à Athènes.
Le message de l'Eurogroupe a été clair: la Grèce doit vraiment y mettre du sien pour aider la 'troïka' à boucler sa mission avant la réunion du Conseil ECOFIN du 8 décembre. En tenant ce délai, l'Eurogroupe sera en mesure de marquer un accord sur la suite à donner au programme d'ajustement grec, qui vient à son terme avec la fin de l'année.
Les positions sur cette sortie « sont clairement convergentes », a expliqué, lors d'une conférence de presse, le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem. « Compte tenu du sentiment des marchés toujours fragile et des nombreux défis liés aux réformes qui restent à relever, il y a un fort soutien pour une ligne de crédit de précaution prenant la forme d'un outil existant du Mécanisme européen de stabilité (MES) appelé 'ECCL' ('Enhanced Conditions Credit line') », a-t-il dit. Cette ligne de crédit est, selon les règles, associée à une conditionnalité renforcée (en comparaison avec une ligne de crédit classique 'PCCL') et à des missions régulières pour assurer le suivi de la mise en oeuvre des mesures correctives (EUROPE 11189). Si l'Eurogroupe compte s'en tenir aux règles du MES, « nous sommes toujours partisans d'une certaine flexibilité », explique un diplomate, alors que le même débat a été lancé cette année sur les règles du Pacte de stabilité et de croissance.
M. Dijsselbloem a indiqué qu'il y avait un large consensus pour dire que le FMI doit continuer à être impliqué. C'est sur les contours de cette implication que les discussions futures seront les plus difficiles. La Finlande, lors de l'Eurogroupe, aurait particulièrement insisté sur ce point. « La présence du FMI renforce la crédibilité de ce qu'on fait en Grèce », a expliqué M. Dijsselbloem. Une implication en retrait du FMI comme ce fut le cas lors du plan d'aide en faveur du secteur bancaire espagnol serait en outre jugé trop 'léger' par plusieurs États. La Grèce voudrait pourtant quitter le programme du FMI, supposé courir jusque 2016, en même temps que celui de l'eurozone et préfèrerait se passer de l'implication de l'institution de Washington.
Sur la sortie du programme, l'agence Reuters rapportait jeudi qu'il y avait trois options sur la table. En réalité, il n'y en aurait eu que deux, la ligne de crédit 'ECCL' et, venant du côté grec, une 'surveillance renforcée' selon le 'Two-Pack'.
« Chacun sent bien qu'il faut en finir avec une sorte de micro-management, mais en même temps la Grèce a besoin du soutien » de l'eurozone, a expliqué le commissaire aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici. Il a anticipé un retour de la 'troïka' à Athènes avant la fin de la semaine prochaine (avant mi-novembre). La 'troïka' attend du mouvement en Grèce sur les mesures à prendre avant d'y retourner. « Les autorités grecques ont présenté un paquet avec de nouvelles mesures, si cela constitue des progrès significatifs, davantage reste à faire », a estimé M. Dijsselbloem. Il a poursuivi que lorsque cette mission serait achevée, l'eurozone serait en mesure de calculer ce qui est nécessaire en termes de chiffres pour la Grèce mais également d'examiner la viabilité de la dette. Selon une source, l'eurozone tendrait à considérer à ce stade qu'un allégement de la dette par l'eurozone ne sera pas nécessaire. (EL)