Bruxelles, 07/11/2014 (Agence Europe) - La Commission européenne ne présentera pas ses avis sur les projets de budget nationaux pour 2015 mercredi 12 novembre, mais toujours au cours du mois de novembre.
Fraîchement mise en place, la Commission 'Juncker' n'a pas encore eu le temps d'éplucher tous les projets de budget nationaux pour 2015. « La nouvelle Commission a dit qu'elle avait besoin de plus de temps », a déclaré le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, jeudi 6 novembre. Confirmant cette position, le commissaire aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, a assuré que l'institution européenne adopterait les opinions, qu'il concoctera conjointement avec son homologue Valdis Dombrovskis chargé de l'Euro et du Dialogue social, « dans le courant du mois de novembre » comme l'impose le Pacte de stabilité et de croissance. En conséquence, la réunion spécifique au cours de laquelle l'Eurogroupe fera le point sur les projets de budget nationaux n'aura pas lieu le 12 novembre comme initialement prévu. Cette réunion est repoussée, « mais pas trop loin », afin de laisser le temps aux parlements nationaux de tenir compte de l'avis de la Commission et de « prendre les mesures nécessaires, si nécessaire », a indiqué M. Dijsselbloem.
Évoquant la décision de la Commission 'Barroso' sortante de ne pas rejeter d'emblée les projets de budget de 5 pays de la zone euro, notamment de la France et de l'Italie (EUROPE 11187 et 11186), M. Moscovici a rappelé qu'une telle étape n'était « pas la fin de l'histoire ». En clair: si la Commission est d'avis que les projets de budget des pays de la zone euro n'enfreignent pas de façon sévère le Pacte, elle peut très bien considérer que certains projets ne respectent pas les engagements budgétaires pris au niveau européen. « Maintenant, nous devons considérer si une action effective a été prise, ou est sur le point d'être prise, par certains États membres, quelle est l'étendue de l'effort structurel et si cet effort structurel est suffisant », a-t-il indiqué, estimant « l'arsenal » d'outils prévus dans le Pacte « riche », l'approche de la Commission « intelligente » et sa capacité à prendre des décisions « subtile et pas primaire ».
Ayant pris note de la révision à la baisse des prévisions de croissance (croissance du PIB de 0,8% au lieu de 1,2% en 2014 dans la zone euro) par la Commission européenne (EUROPE 11190), l'Eurogroupe n'est pas satisfait de la situation économique morose. Même si la croissance moyenne dans la zone euro sera positive en 2014 après deux années de récession, elle se renforcera graduellement en 2015, a estimé M. Dijsselbloem. Il a réitéré le mix politique prôné par les grands argentiers européens composé du triptyque suivant: consolidation budgétaire propice à la croissance, réformes structurelles et investissements. (MB)