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Bulletin Quotidien Europe N° 11187
INSTITUTIONNEL / (ae) commission

Impliquer les citoyens est le défi à relever, dit M. Barroso

Bruxelles, 29/10/2014 (Agence Europe) - Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a souligné l'importance de rapprocher les citoyens de l'Union européenne, mercredi 29 octobre lors d'une dernière intervention dans le cadre de ses fonctions officielles.

Le Portugais quittera la tête de l'institution européenne après deux mandats de 5 ans, fin octobre.

Intervenant à l'issue de la dernière réunion du Collège, le président sortant a dressé un bilan en demi-teinte de son passage à la tête de la Commission, un bilan oscillant entre succès et défis assez lourds laissés à son successeur, le chrétien-démocrate luxembourgeois Jean-Claude Juncker. Il a ainsi estimé laisser une Union européenne « plus forte » et « plus à même de répondre aux défis de l'avenir ». Il a aussi exprimé sa fierté sur certains dossiers notamment sur le sort de la Grèce, soulignant que la Commission s'était toujours mobilisée pour le maintien d'Athènes dans la zone euro au plus fort de la crise de la dette souveraine, à condition que les Grecs respectent les engagements pris au titre de leur plan de sauvetage. « Si la Grèce était tombée, immédiatement, d'autres pays seraient tombés. Nous avons vécu des moments extrêmement graves. L'Espagne, l'Italie et même la France étaient sous la pression énorme des marchés. Beaucoup pariaient sur l'implosion de la zone euro », a considéré l'ancien Premier ministre portugais.

Sur l'élargissement, M. Barroso a estimé que « les premières décisions de 2004 étaient de bonnes décisions ». Son arrivée aux responsabilités européennes a coïncidé avec l'entrée de huit pays d'Europe centrale et orientale, de Chypre et Malte, suivie de l'adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie en 2007 et de la Croatie en 2013.

Mettant en garde contre l'érection d'une « muraille de Chine » entre les pays de la zone euro et les autres, qui devront à l'avenir s'intégrer davantage économiquement et politiquement, le président sortant de la Commission a vu d'un bon oeil la nomination du Polonais Donald Tusk à la tête du Conseil européen. « L'élargissement a été un succès », a-t-il insisté.

Le Portugais gardera en mémoire d'autres succès en matière de politique commerciale ou de lutte contre le changement climatique. Il a réitéré sa satisfaction quant aux résultats du dernier sommet européen qui a marqué un accord sur le paquet climat et énergie à l'horizon 2030 (EUROPE 11184).

D'autres réussites de l'UE intervenues durant son mandat ont aussi concerné la politique étrangère, selon M. Barroso. L'UE demeure « le 1er donateur mondial » et un acteur économique clef, a-t-il jugé. Selon M. Barroso, 1 000 milliards d'euros ont été consacrés à l'éducation et les fonds à la recherche ont été multipliés par trois.

Critiqué pour avoir été au service des États au détriment du Parlement européen ou de la société civile, M. Barroso est revenu sur le processus de décision dans l'UE. « Il n'y a parfois pas assez de solidarité », a-t-il considéré, alors que la « Commission s'est toujours battue pour plus de responsabilités et de solidarité ».

Impliquer davantage les citoyens au projet européen. Parmi les défis que M. Barroso a identifiés pour son successeur Jean-Claude Juncker, sans les qualifier toutefois d'échecs imputables à son mandat, figure notamment « le décalage entre nous et les citoyens ». Un décalage qui le « préoccupe » particulièrement.

Il faut aussi « s'attaquer au problème de légitimité » du projet européen, a également affirmé le président sortant de la Commission. Des thématiques que M. Juncker a mis justement en haut de son programme politique, le Luxembourgeois estimant même, peut-être un peu exagérément, que sa Commission sera celle « de la dernière chance » pour sauver ce qu'il reste d'adhésion au projet européen.

Le discours-testament de M. Barroso, relativement court, a été aussi l'occasion de revenir sur sa relation parfois houleuse avec les médias, certains d'entre eux ayant d'ailleurs, selon lui, une responsabilité partagée avec les élites politiques dans l'éloignement des citoyens du projet européen. Le Portugais a déploré que certaines réalités de la Commission aient été déformées et que les « faits n'aient parfois pas été bien transmis ». Il avait peut-être en tête les tabloïds britanniques et la très fraîche passe d'armes avec le Premier ministre britannique, David Cameron, autour des contributions nationales au budget européen, passe d'armes qui a entaché le dernier Sommet européen (EUROPE 11185).

M. Barroso aura en tout cas désormais tout le loisir d'expliquer précisément l'Europe aux citoyens dans les prochaines semaines puisqu'il enseignera à l'université en Belgique. Pour les projets de plus long terme, M. Barroso a assuré n'avoir « aucune ambition » particulière pour le moment. Après 30 ans d'activités politiques, « je pense mériter une pause », a-t-il jugé, tirant sa révérence en lisant le poème 'Recomeçar' de l'écrivain portugais Miguel Torga. (SP et MB)

 

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