Bruxelles, 29/10/2014 (Agence Europe) - En 2013, les émissions de gaz à effet de serre de l'Union européenne ont diminué de 1,8% en 2013 par rapport à 2012, tombant au niveau le plus bas depuis 1990, selon les dernières estimations publiées mardi 28 octobre par la Commission européenne et l'Agence européenne de l'Environnement (AEE). En 2013, les émissions totales de l'UE étaient déjà de 19% inférieures au niveau de 1990, année de référence du Protocole de Kyoto. Ainsi, non seulement l'UE est en bonne voie pour atteindre l'objectif fixé pour 2020 (une réduction de 20%) , mais elle est également en passe de faire mieux puisqu'elle devrait atteindre 21% à horizon 2020, ont confirmé la Commission et l'AEE, à l'heure où l'UE vient de s'entendre pour de objectifs plus ambitieux encore pour la période 2020-2030. L'UE est également en bonne voie pour atteindre ses objectifs pour l'énergie renouvelable et l'efficacité énergétique.
Le rapport annuel sur les progrès accomplis dans la réalisation des objectifs de réduction des émissions assignés au titre du protocole de Kyoto et dans le cadre de la stratégie EUROPE 2020 est élaboré chaque année par la Commission européenne à l'intention du Parlement européen et du Conseil. Il fournit, pour la première fois, des données sur l'utilisation des recettes fiscales issues de la vente aux enchères des quotas d'émission de CO2 dans le cadre de l'ETS. En 2013, ces recettes ont atteint 3,6 milliards d'euros dont l'essentiel - environ 3 milliards d'euros - sera utilisé pour des investissements liés à l'action climatique et à l'énergie (efficacité énergétique, énergies renouvelables ou transport durable). C'est beaucoup plus que ce que recommande la directive ETS, laquelle précise que la moitié au moins des recettes provenant des enchères doit être utilisée pour lutter contre le changement climatique dans l'UE ou dans d'autres pays. Ces recettes complètent les fonds du programme NER 300 de l'UE, qui consacre 2,1 milliards d'euros au soutien de 39 projets de démonstration à grande échelle des technologies à faible intensité de carbone à travers l'Europe.
Connie Hedegaard, commissaire européenne à l'Action pour le climat, est ravie. Elle y voit la preuve que l'UE, prête à intensifier ses efforts, est crédible sur la scène internationale, ce qu'elle ne manquera pas de faire valoir à la Conférence climatique onusienne de Lima (COP 20, 1er-12 décembre 2014), (EUROPE 11186). « Cela montre que l'UE tient ses engagements. Les politiques menées donnent des résultats. C'est la raison pour laquelle la semaine dernière, les dirigeants de l'UE ont décidé de poursuivre dans cette voie ambitieuse et d'atteindre au moins 40 % d'ici 2030. Cet objectif nécessitera des investissements importants. Mais il est encourageant de constater que les États membres ont décidé d'utiliser la majeure partie de leurs recettes tirées de l'ETS pour investir dans le climat et l'énergie et poursuivre la transition vers une économie à faibles émissions de carbone », a-t-elle déclaré.
Le rapport provisoire de l'AEE intitulé « Tendances et projections en EUROPE 2014 », qui analyse des projections des États membres, montre qu'en 2012 la part d'énergies renouvelables dans la consommation finale d'énergie était de 14% et que l'UE est en avance sur la trajectoire prévue pour atteindre les 20% en 2020. De même, la consommation d'énergie connaît une baisse plus rapide que nécessaire pour atteindre les 20% d'efficacité énergétique. Toutefois, aucun État membre pris individuellement n'est en bonne voie pour atteindre les trois objectifs selon le partage de l'effort convenu. Neuf pays ont fait des progrès. Trois pays risquent de manquer leur objectif individuel pour 2013 et les projections d'émissions de six États membres indiquent qu'ils n'atteindront pas leurs objectifs 2020 par des politiques et des mesures nationales. Les projections indiquent qu'il n'y a pratiquement pas ou peu de réductions d'émissions dans les transports et l'agriculture. Des efforts supplémentaires sont requis au niveau national et à l'échelle de l'UE pour pouvoir atteindre les objectifs 2030 (au moins 40% pour la réduction des émissions, au moins 27% pour la part d'énergie renouvelable, au moins 27% d'efficacité énergétique, tout comme pour atteindre les objectifs à plus long terme (une réduction de 80 à 95% à l'horizon 2050), souligne l'AEE. (AN)