Bruxelles, 28/10/2014 (Agence Europe) - Lors de son dernier discours, la commissaire européenne à la Justice, aux Droits fondamentaux et à la Citoyenneté, Martine Reicherts, a émis l'idée d'une coopération renforcée sur la directive anti-discrimination, bloquée au Conseil depuis 6 ans. Elle répondait à l'insistance de l'Agence européenne pour les droits fondamentaux afin de garantir plus d'égalité aux lesbiennes, gays, transgenres et intersexuels (LBGTI) lors d'une conférence sur cette thématique, organisée à Bruxelles mardi 28 octobre, conjointement avec la Présidence italienne.
Progrès. Le directeur de l'Agence européenne pour les droits fondamentaux (FRA), Morten Kjaerun, a admis, lors de cette conférence, que la protection contre les discriminations basées sur l'identité ou les orientations sexuelles a été renforcée en Europe ces dernières années. Il a pris pour exemple le fait que, désormais, seuls trois États membres limitent à l'emploi uniquement leur législation condamnant ces discriminations (contre 9 en 2008) ou encore que 18 États membres reconnaissent désormais les époux de même sexe comme membres de la famille (contre 8 en 2010). Mais les avancées doivent aller bien plus loin pour déterminer un véritable cadre légal pour les LGBTI, a revendiqué M. Kjaerun qui souhaite, par exemple, que l'identité sexuelle soit prise en compte dans les traités de l'UE et dans la Charte des droits de l'homme.
Directive anti-discrimination. La commissaire Martine Reicherts, qui a fait mardi 28 octobre son dernier discours avant l'entrée en fonction de la nouvelle Commission, a bien affirmé que l'égalité des LGBTI serait en haut de l'agenda de Vera Jourova qui lui succédera dès lundi prochain. Mme Reicherts a surtout présenté une alternative pour débloquer la directive anti-discrimination (directive 'égalité de traitement') qui peine à obtenir l'unanimité requise des États membres. La commissaire propose donc de changer la base légale de ce texte pour permettre aux États membres qui le souhaitent d'adopter cette directive par le biais d'une coopération renforcée. «Faire un petit pas est mieux que d'attendre un grand pas qui est peut être juste impossible en ce moment », a-t-elle fait valoir lors de cette même conférence.
Plan d'action. Elle a en outre assuré que Mme Jourova, avec le vice-président de la Commission européenne, présentera un plan d'action pour la promotion des droits LGBTI. Cette stratégie devrait définir les objectifs et les compétences de la Commission et des États membres à cet égard. Un plan d'action serait un signal important pour les LGBTI dans toute l'UE, « mais ce n'est pas une fin en soi », a-t-elle fait valoir ; « ce qui compte, à la fin, est si l'on apporte vraiment une différence dans la vie des gens », a conclu la commissaire sortante. (MD)