Coopération indispensable. Les autorités russes commencent à comprendre que le dialogue avec l'UE n'est pas un libre choix, mais une exigence, car le système actuel des sanctions réciproques coûte de plus en plus cher à Moscou: les investissements étrangers diminuent radicalement et la monnaie nationale perd de sa valeur. En même temps, la coopération avec l'Europe, là où elle existe, est positive, même dans le domaine sportif: la récente course de F1 à Sotchi a été un succès, sans menace de boycott de l'une ou l'autre écurie européenne. L'exigence de dialoguer avec Bruxelles, chaque partie défendant évidemment ses intérêts, est donc de plus en plus ressentie en Russie.
Pour l'Europe aussi, avec moins d'anxiété, la prolongation du mécanisme des rétorsions de la Russie a un poids considérable, surtout dans le secteur agricole, alors que pour certains États membres, l'Allemagne en tête, quelques aspects de la coopération avec Moscou sont incontournables. Mais pour Vladimir Poutine l'urgence est devenue presque vitale. C'est peut-être la raison pour laquelle il apparaît un peu plus souple dans le dossier ukrainien: Moscou a besoin de relancer ses exportations de gaz et de pétrole qui passent par l'Ukraine. L'imbrication des intérêts dans ce domaine spécifique est très compliquée, avec un mélange d'éléments politiques, historiques, industriels et juridiques. Il ne faut pas croire aux menaces de rupture: les conciliations arriveront.
De son côté, l'UE doit aussi tenir compte du coût réel d'un soutien illimité aux autorités ukrainiennes.
Globalement, la situation n'évolue pas encore avec la conviction et la rapidité souhaitables. Mais l'exigence des compromis est de plus en plus impérative.
(FR)