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Bulletin Quotidien Europe N° 11185
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) Énergie

Cadre 2030, l'industrie des renouvelables très déçue

Bruxelles, 27/10/2014 (Agence Europe) - Les différents secteurs de l'industrie européenne des énergies renouvelables pointent du doigt le manque d'ambition du cadre pour les politiques énergétique et climatique à l'horizon 2030, fixé par le Conseil européen vendredi 24 octobre (EUROPE 11184).

La Fédération européenne des énergies renouvelables (EREF) s'est dit « très déçue » du fait que l'objectif de 27% pour les énergies renouvelables ne soit contraignant qu'à l'échelle de l'UE et que celui de 27% d'efficacité énergétique soit seulement indicatif aux niveaux européen et national. « Cela constitue un dangereux revers pour l'amélioration de la sécurité énergétique, le renforcement de la croissance verte et la réduction des émissions de gaz à effet de serre », déplore l'EREF.

Une position partagée par l'Association européenne de l'énergie éolienne (EWEA), qui regrette une « occasion ratée » de fixer un objectif ambitieux pour les renouvelables à l'horizon 2030. « Les capitales ont ignoré les appels du secteur des renouvelables et des chefs d'entreprise européens pour un objectif national contraignant d'au moins 30%. L'incertitude demeure sur le caractère exécutoire des objectifs nationaux en matière de renouvelables, puisque les États membres devront eux-mêmes définir leurs engagements pour atteindre collectivement l'objectif européen », regrette EWEA. « Cela affaiblit la position de l'UE pour les négociations sur le climat à Paris, fin 2015 », ajoute l'association, aux yeux de laquelle personne ne garantit que l'objectif de 40% de réduction des émissions d'ici 2030 n'est pas une « coquille vide ».

Pour les associations représentant les secteurs de la géothermie (EGEC), du solaire thermique (ESTIF) et de la biomasse (AEBIOM), le Conseil européen « a échoué à fixer un cadre réglementaire adéquat ». « Les objectifs fixés sont en deçà des besoins des Européens. Davantage peut être réalisé avec les renouvelables pour le chauffage et le refroidissement », insistent ces trois associations, qui pointent du doigt les contraintes budgétaires auxquelles sont confrontés les États membres en période de reprise lente, mais aussi le lobbying forcené des industries traditionnelles. Malgré le très faible niveau d'ambition montré, ces trois associations se disent « confiantes dans la continuité du développement des énergies renouvelables » et prêtes à travailler avec les institutions de l'UE pour veiller à ce que le cadre politique qui résultera permette une bonne croissance de chauffage et de refroidissement renouvelables, en ligne avec le fort potentiel de ce secteur.

Pour l'Association européenne du biogaz (EBA), l'objectif de 27% pour les renouvelables est non seulement « insuffisant pour déployer le potentiel des renouvelables », mais son caractère seulement indicatif au plan national est « une menace ». « Cette décision va amener à une situation où certains États membres ambitieux pour la transition énergétique vont investir pendant que le reste de l'Europe restera à la traîne, en n'ayant pas l'impression d'avoir l'obligation de contribuer à l'objectif communautaire », déplore EBA.

L'industrie du biodiesel satisfaite. Le Bureau européen du biodiesel (EBB), qui représente 75% de la production européenne de biodiesel, a, pour sa part, salué la décision des dirigeants européens qui, selon lui, « ont défini des perspectives de long terme confirmant le besoin croissant de promouvoir l'utilisation de carburants renouvelables après 2020 et fixant ainsi une nouvelle perspective de long terme pour la réduction des émissions de CO2 dans les transports et le développement durable du biodiesel ». EBB se satisfait que la Commission soit chargée par le Conseil européen « d'examiner plus avant les instruments et les mesures pour une approche neutre et complète de l'UE de la technologie » sur le transport renouvelable, ce qui signifie, à ses yeux, que la prise en compte du changement indirect d'utilisation des sols (ILUC) dans le développement des biocarburants ne doit être envisagée que dans le cadre 2030 pour la réduction des émissions de CO2. « Le Conseil européen a reconnu que cette législation ILUC est aujourd'hui prématurée », indique l'EBB, ajoutant que la communauté scientifique internationale a, elle aussi, souligné cette incertitude. (EH)

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