Bruxelles, 27/10/2014 (Agence Europe) - L'accord trouvé vendredi 24 octobre par le Conseil européen sur le cadre d'action Climat/Énergie pour l'horizon 2030 a été sévèrement accueilli par les environnementalistes, tant parmi les ONG qu'au Parlement européen (EUROPE 11184).
Au moins 40% de réduction d'émissions de gaz à effet de serre comme seul objectif contraignant, au moins 27% de renouvelables comme objectif européen et au moins 27% d'économies d'énergie comme objectif indicatif, c'est, de l'avis du Bureau européen de l'environnement (BEE), « un résultat ultra-minimaliste ». Pire, c'est « un camouflet pour les citoyens européens qui avaient espéré que leur gouvernement agissent de manière responsable et pour le monde ».
Soulignant que de plus en plus d'événements climatiques extrêmes, tels que les inondations et les feux de forêt, frappent les peuples et leurs communautés dans toute l'Europe, Jeremy Wates, secrétaire général du BEE, déclare qu'« adopter un ensemble d'objectifs pour réduire les gaspillages d'énergie de 40%, porter les énergies durables à 45% du mix énergétique et réduire les émissions de 60%, c'est ce qu'exige la science et c'est aussi ce qui aidera l'Europe à retomber sur ses pieds ». Déçue, l'ONG dit compter maintenant sur le nouveau président de la Commission, Jean-Claude Juncker, pour tenir ses engagements afin que l'Europe devienne un leader mondial en matière d'énergies renouvelable et pour proposer un objectif d'efficacité énergétique plus ambitieux et contraignant pour 2030.
Greenpeace déplore que les dirigeants de l'UE aient mis la pédale de frein sur l'économie propre en s'accordant sur des objectifs beaucoup trop bas, qui ralentissent les efforts pour stimuler l'énergie renouvelables et maintiennent l'Europe enfermée dans les combustibles polluants et coûteux.
Au Parlement, Philippe Lamberts (belge), coprésident du Groupe des Verts/ALE, rappelle qu'en mars 2014 le Parlement s'était prononcé en faveur de trois objectifs « sérieux et contraignants » (-40% pour la réduction des émissions, 30% d'énergies renouvelables et 30% d'efficacité énergétique), ce qui aurait permis à l'Europe de rester à la pointe dans sa réponse au défi climat/énergie. « En refusant d'atteindre cette ambition, les dirigeants européens commettent une triple faute: écologique, économique et stratégique. Écologique, car le changement climatique est en marche et on ne négociera pas avec la planète ; comme l'a rappelé le GIEC (Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat), à moins d'un effort drastique en termes de réduction d'émissions de CO2, l'objectif de maintenir le réchauffement à 2°C ne sera pas atteint. Économique, car en ralentissant de moitié le rythme de ses efforts climat/énergie, l'Union européenne envoie un signal clair - et négatif - à toutes les entreprises qui avaient investi dans la transition énergétique », déclare-t-il. Et d'ajouter que, pour les Verts au Parlement européen, les objectifs climat/énergie doivent à la fois faire preuve d'ambition (-60% de CO2, 45% de renouvelables et 40% d'amélioration de l'efficacité énergétique) et être contraignants.
Le Groupe S&D, qui espérait des objectifs plus ambitieux et prônait 50% pour la réduction des émissions de CO2, 45% pour la part des renouvelables et 40% pour les économies d'énergie, annonce qu'il se battra pour obtenir davantage dans les négociations. « Nous escomptions plus, mais, étant donné les tensions avant le Conseil européen et le risque de ne pas parvenir à un accord, le S&D salue la position unie à laquelle il est parvenu, en attendant le sommet climatique de Paris l'an prochain (COP 21, décembre 2015) ; et nous avons encore du temps pour nous entendre sur des objectifs plus ambitieux. Le compromis du Conseil européen est un point de départ », déclare Gianni Pittella, président du groupe.
Au PPE, même si l'on juge « les objectifs trop faibles pour les renouvelables et l'efficacité énergétique », les députés se réjouissent qu'un accord ait pu être trouvé sur un objectif contraignant d'une réduction de 40% des émissions de GES. « C'est un objectif ambitieux qui permettra des progrès dans les négociations climatiques internationales », a souligné Peter Liese (PPE, allemand), porte-parole de son groupe pour l'environnement. (AN)