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Bulletin Quotidien Europe N° 11185
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) ebola

Christos Stylianides ira en Afrique de l'Ouest début novembre

Bruxelles, 27/10/2014 (Agence Europe) - Fraîchement nommé coordonnateur européen sur Ebola par le Conseil européen (EUROPE n° 11184), le nouveau commissaire à l'Aide humanitaire et à la Protection civile, Christos Stylianides, a annoncé, lundi 27 octobre, qu'il se rendrait en Afrique de l'Ouest début novembre afin de « mieux évaluer les besoins et les manquements à combler dans nos efforts et de nous aider à décider quelles seraient les prochaines étapes ».

Mon travail c'est d'identifier ces manquements et d'y remédier », a-t-il indiqué. Concernant sa nomination, le commissaire est conscient qu'il s'agit d'une « tâche aux défis immenses ». « Nous devons agir avec détermination, rapidement et de manière coordonnée pour sauver des vies et retourner la situation dans le combat contre Ebola », a-t-il poursuivi. Et de faire un mea culpa: « Nous devons être prêts à reconnaître d'éventuelles erreurs ».

Concertation et coordination sont les mots clés utilisés par M. Stylianides pour qualifier l'action que l'Union européenne doit désormais poursuivre dans les pays africains où sévit l'épidémie de fièvre hémorragique (Libéria, Guinée et Sierra Leone). « Nous devons maintenant agir d'un même élan. Nous devons utiliser tous les instruments à notre disposition, d'une manière concertée: ce que l'UE a à offrir et ce que les États membres peuvent mettre sur la table ». Évoquant les efforts déjà fournis par l'Union européenne et les États membres en matière d'équipement et de personnel humanitaire déployés dans la région, alors que le Conseil européen a décidé de monter l'aide européenne de 600 millions à un milliard d'euros, le commissaire a ajouté: « Nous devons maintenant passer à la vitesse supérieure et nous assurer que tous ces éléments fonctionnent comme une réponse européenne commune. Il y a encore bien plus à faire et nous devons agir de manière collective ». M. Stylianides s'appuiera sur le Centre de Coordination de la réaction d'urgence (ERCR) de la Commission européenne qui centralisera toutes les initiatives en matière de transport, d'équipement et de personnel médical décidées au niveau des États membres et de la Commission pour combattre Ebola en Afrique de l'Ouest. Ajoutant qu'il travaillerait étroitement avec les États membres, ses collègues commissaires à la Commission et le Service européen pour l'action extérieure (EEAS), M. Stylianides a spécifié que la réponse coordonnée au niveau européen devait appuyer l'aide déployée par les partenaires internationaux et les Nations Unies en Afrique de l'Ouest. « Je ferai en sorte d'être certain que notre réponse est en harmonie avec celle de nos partenaires internationaux », a commenté le commissaire. Le coordonnateur a également rendu hommage au personnel humanitaire sur place, « le pilier de la réponse à donner (…) et qui mérite tout notre respect ».

Le commissaire a annoncé dans la foulée qu'il se rendrait en Afrique de l'Ouest début novembre. « Je veux (…) me rendre dans les pays affectés. Je veux être présent pour exprimer en personne notre solidarité (…) L'isolement n'est pas une option », a souligné M. Stylianides. La date précise de son départ n'a pas encore été fixée, il attend pour ce faire les résultats de l'expertise et les analyses d'une équipe d'experts envoyée sur place, samedi 25 octobre, et qui doit revenir vendredi 31 octobre afin de faire un point précis sur les actions immédiates à prendre. Mais il est certain que « le plus urgent à ce stade, c'est davantage d'aide humanitaire ; on a besoin de renforts ». M. Stylianides a confirmé la nécessité de disposer de 5 000 lits dans les prochaines semaines (contre 1 000 actuellement), ce qui nécessitera la présence d'un personnel humanitaire à hauteur de 40 000 personnes.

Le directeur général d'ECHO, Claus Sorensen, n'a pas exclu le danger de voir s'étendre l'épidémie aux pays africains voisins: « Oui, elle peut s'étendre ». Une conférence organisée à Brazzaville en présence des dirigeants des pays concernés doit faire le point et permettre une concertation sur les mesures de prévention à prendre, notamment une formation du personnel médical local et l'information d'une population souvent illettrée et qui ne dispose pas des moyens modernes de communications pour s'informer. « Il n'y a pas de réponse facile », a convenu M. Sorensen. Évoquant la mise au point d'un vaccin, le directeur d'ECHO ne s'est pas avancé mais il a espéré une bonne nouvelle pour le début de l'année 2015. En attendant, c'est l'entièreté du système sanitaire des trois pays touchés par l'épidémie qui est sous pression, tous les moyens humains et financiers dont disposent ces pays ayant été entièrement consacrés à combattre l'extension du virus Ebola. Plus rien n'est fait pour combattre des maladies endémiques de la région telles que la malaria ou la tuberculose. « Le secteur de la santé est sur le point de s'effondrer », s'est encore alarmé M. Sorensen. Concernant l'éventuel rapatriement du personnel humanitaire touché par le virus, M. Sorensen a admis qu'il n'y avait pas, à ce stade, suffisamment d'avions disponibles pour assurer une évacuation rapide et sans danger compte tenu des forces humanitaires supplémentaires qui se rendront sur place dans les prochaines semaines. « Il n'y a pas suffisamment d'avions. Si nous augmentons le nombre de volontaires, nous devons augmenter le nombre d'avions. Nous aurons un ou deux avions supplémentaires dans les prochaines semaines », a-t-il conclu. (IL)

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