Bruxelles, 27/10/2014 (Agence Europe) - Répondant à la demande d'informations de la Commission européenne, les autorités italiennes et françaises ont officiellement annoncé leur intention, lundi 27 octobre, de modifier leur projet de budget 2015 afin d'y inclure des mesures additionnelles.
Afin de renforcer l'effort de consolidation budgétaire, le gouvernement italien s'engage à adopter les mesures additionnelles suivantes dans son projet de loi de Finances pour 2015: - 3,3 milliards d'euros issus du Fonds constitué originellement pour diminuer les charges fiscales serviront à réduire le déficit public ; - le régime d'autoliquidation de la TVA sera étendu au secteur de la vente au détail, une mesure évaluée à 730 millions d'euros qui sera compensée par un surcroît d'accises et devra être autorisée au niveau européen ; - une réduction de 500 millions d'euros de l'enveloppe consacrée aux cofinancements nationaux de projets bénéficiant d'une aide des fonds européens de cohésion.
Ces mesures permettront d'augmenter de 0,1% à 0,3% du PIB l'effort budgétaire structurel (hors effets de la conjoncture), estime le ministre italien de l'Économie et des Finances, Pier Carlo Padoàn, dans la lettre qu'il a adressée au commissaire sortant chargé des Affaires économiques et monétaires, Jyrki Katainen. Dans ses recommandations spécifiques à l'Italie, l'échelon européen requiert un effort structurel de 0,5%.
Soulignant les difficultés économiques de l'Italie dont le PIB a chuté de 9% par rapport à 2008, le ministre fait savoir que le gouvernement italien se bat « par tous les moyens » pour éviter une 4ème année de récession dans la péninsule qui aurait également un impact négatif sur le caractère durable de la dette italienne, la seconde en importance des pays de l'UE par rapport au PIB (133,8% au 2ème trimestre 2014). Sur ce point, un programme « ambitieux » de privatisation représentant 0,7% du PIB sera mis en oeuvre pour réduire la dette.
L'effort additionnel français. Dans sa réponse à la Commission, la France annonce la modification de son projet de budget afin d'y inclure des mesures additionnelles de lutte contre l'évasion et la fraude fiscales, une réduction du service de la dette publique ainsi que le changement de référentiel comptable européen. Ces mesures lui permettraient d'accomplir un effort budgétaire structurel « supérieur à 0,5% du PIB » en 2015, en ligne avec les exigences du Pacte de stabilité et de croissance, estime Paris. Elles se chiffrent à hauteur de 3,6 milliards d'euros, a indiqué le ministre de l'Économie, Michel Sapin. (MB)