Bruxelles/Luxembourg, 15/10/2014 (Agence Europe) - Plusieurs États ont appelé, lors du Conseil Écofin de mardi 14 octobre, à l'abandon de la révision de la directive sur la fiscalité de l'énergie (2003/96/CE). Cette directive vise à harmoniser les accises qui pèsent sur l'énergie, principalement fossile.
C'est l'Allemagne qui a ouvert le bal en constatant l'impossibilité, selon elle, de trouver un compromis dans un avenir prévisible. « Nous ne devrions pas gaspiller trop de temps, d'énergie et d'efforts qui n'auront pas d'effet dans un futur proche », a estimé le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schaüble. Le Royaume-Uni et la Slovénie se sont ralliés à la position de Berlin. La Belgique et la Finlande ont, pour leur part, déploré le manque d'ambition du compromis de la Présidence du Conseil de l'UE, très éloigné de la proposition initiale de la Commission. Alors que la Belgique considère qu'après trois ans de discussions et 29 réunions techniques, il est « temps de reconsidérer l'utilité de ce texte », la Finlande a simplement réitéré son soutien à la proposition de la Commission et n'a pas vu de raisons de continuer « sur une autre base ».
Seule la Lituanie a exprimé des réticences quant à la substance même du texte. « Nous avons des doutes raisonnables quant au fait que l'augmentation du taux minimum des accises contribuera aux défis clés qui doivent être réglés par cette directive », a expliqué Rimantas Sadzius, ministre lituanien. Il a notamment expliqué que les prix du chauffage en Lituanie étaient suffisamment élevés que pour les élever davantage. M. Sadzius a en outre estimé qu'il y avait des outils plus appropriés pour atteindre les objectifs en matière de climat et d'environnement.
La Suède n'a pas partagé cet avis et a estimé que cette directive avait un rôle central à jouer sur ces fronts. Elle a soutenu l'appel de la France, qui a refusé que l'UE se contente d'un constat d'échec sur ce dossier. L'Espagne a également estimé qu'il fallait continuer le travail, car, même si le compromis réduit l'ambition du texte initial, il en garde certains éléments importants. Le Danemark et le Portugal sont également de cet avis.
Le commissaire à la Fiscalité, Algirdas Semeta, a été le premier à juger que les négociations avaient abouti sur une proposition « à peine reconnaissable », qui pourrait même avoir pour effet d'aggraver les problèmes existants. Il a indiqué que ce serait à la prochaine Commission de décider de la manière de procéder à la lumière des positions des uns et des autres. (EL)