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Bulletin Quotidien Europe N° 11177
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) ebola

L'ONU s'alarme, l'UE paie, mais renâcle à mobiliser du personnel médical

Bruxelles, 15/10/2014 (Agence Europe) - 4 447 morts déjà en Afrique de l'Ouest et l'épidémie d'Ebola pourrait toucher 5 000 à 10 000 personnes par semaine à partir de décembre, a averti l'OMS, mardi 14 octobre, avant une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU à ce sujet. Message reçu 5 sur 5 par l'Union européenne qui, si elle se mobilise sur tous les fronts - humanitaire, sanitaire, protection civile, développement à court, moyen et long termes, sécurité -, renâcle néanmoins à dépêcher sur place du personnel médical et à mettre en place un système adéquat d'évacuation du personnel médical international (Medivac). Des hauts fonctionnaires de l'UE l'ont confirmé, mardi 14 octobre à Bruxelles, à l'occasion d'un nouveau point sur la réponse coordonnée de l'UE à cette crise sanitaire, économique et sécuritaire. Le Conseil Affaires étrangères du 20 octobre à Luxembourg aura l'occasion d'en débattre.

Cette épidémie d'Ebola, la pire jamais enregistrée, n'est pas encore une pandémie, « car le foyer est localisé dans trois pays d'Afrique de l'Ouest. Ce serait une pandémie, s'il y avait extension à d'autres régions. Il faut soutenir ces pays pour garantir que l'épidémie ne devienne pas une pandémie Le théâtre des opérations est en Afrique occidentale, c'est là qu'il faut agir », a martelé un haut fonctionnaire. Et si la réunion de haut niveau des ministres de la Santé de l'UE, conviée ce jeudi 16 octobre à Bruxelles, sera centrée sur les contrôles à l'entrée de l'UE, la Commission s'en tient pour l'heure aux recommandations de l'OMS.

« L'OMS recommande des contrôles efficaces à la sortie sur tous les passagers quittant le Liberia, la Sierra Leone et la Guinée, pour minimiser les risques pour les autres passagers. Pour le moment, nous ne recommandons pas de contrôles à l'entrée. L'OMS va éditer de nouvelles règles. Le contrôle à la sortie est crucial », a indiqué un haut fonctionnaire

Au sein du SEAE, les experts en gestion de crise et en planification stratégique réfléchissent au meilleur système pour épauler les trois pays chef de file - le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne-, si la maladie venait à connaître une expansion dans d'autres régions, pour répondre avec des outils civils et militaires au pire scénario possible. « Une mission part dans la région cette semaine », a indiqué une source européenne.

« La crise n'est pas endiguée. Le premier grand défi est de mobiliser plus de personnel médical. MSF ne peut pas travailler seule. Il faut mobiliser des équipes médicales, mobiliser des volontaires et les former. Mais il faut leur garantir qu'en cas de besoin, ils puissent être rapatriés. Nous avons mis en place un système d'évacuation médicale. À ce stade, si une personne est malade, nous pouvons la rapatrier », a assuré une autre source européenne. Mais elle a reconnu qu'« aucun avion n'était en réserve en permanence, prêt à décoller ». Pour les cas médicaux normaux (un malade non diagnostiqué), l'UE travaille avec les lignes aériennes commerciales, pour les deux autres cas - qu'il s'agisse de patients Ebola identifiés mais ne présentant pas encore de symptômes ou de personnes infectées et contagieuses - un protocole d'entente a été signé avec la compagnie américaine Phoenix Air. « Grâce à ce contrat-cadre, nous avons la garantie que nous pourrons trouver un avion pour rapatrier deux patients simultanément, mais s'il y en a plus, nous aurons un problème. Nous continuons à lancer des appels d'offres pour que les États membres mobilisent les capacités, si cela se présente. Certains États membres procéderont à l'examen de leurs capacités dès la fin du mois », a déclaré un expert de la Commission européenne. Sur les 450 millions d'euros engagés par l'UE à ce jour, 180 millions d'euros proviennent de la Commission et 300 millions d'euros des États membres. (AN)

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