Bruxelles, 11/09/2014 (Agence Europe) - En dépit des difficultés économiques actuelles, l'industrie manufacturière de l'UE possède des atouts concurrentiels qui devraient être mieux exploités pour stimuler la croissance. Pour éviter le blocage de la croissance, les Vingt-huit doivent s'attaquer sans délai, par des mesures fermes, à des lacunes bien connues: l'investissement en berne, l'accès restreint au financement, l'inefficacité de l'administration publique, l'accès aux marchés tiers, l'innovation insuffisante et les prix élevés de l'énergie. Telles sont les conclusions résultant des deux rapports 2014 de la Commission sur la compétitivité industrielle de l'UE, dévoilés par le commissaire à l'Industrie, Ferdinando Nelli Feroci, jeudi 11 septembre.
Les performances sont très variables selon les États membres. Quatre groupes se distinguent: - les pays à forte compétitivité et en voie d'amélioration (Pays-Bas, Allemagne, Danemark et Irlande) ; - les pays à forte compétitivité, mais en stagnation ou en déclin (Belgique, Royaume-Uni, Autriche, France, Italie, Luxembourg, Suède et Finlande) ; - les pays à compétitivité modeste, mais qui s'améliore (Estonie, Lituanie, Espagne, Lettonie, République tchèque, Hongrie, Pologne, Portugal, Roumanie, Slovaquie et Grèce) ; - les pays à compétitivité modeste en stagnation ou en déclin (Slovénie, Bulgarie, Croatie, Malte et Chypre).
Dans l'ensemble, les atouts concurrentiels de l'UE dans le secteur manufacturier restent intacts: une main-d'œuvre hautement qualifiée, un fort contenu local des biens destinés à l'exportation et des avantages comparatifs liés à la complexité et à la grande qualité des produits. Les États membres ont aussi mis en oeuvre une série de stratégies visant à accroître la compétitivité depuis le début de la crise, en 2008. Mais des lacunes persistantes nécessitent des mesures incisives des capitales dans des domaines clés.
Pour relancer la compétitivité industrielle et la demande interne, des investissements sont nécessaires dans tous les secteurs de l'économie de l'UE, seule région du monde où l'investissement a diminué partout et de façon radicale, en comparaison avec les États-Unis et les économies d'Asie, a souligné M. Nelli Feroci.
Il faut aussi améliorer l'accès au financement, en particulier pour les PME et les jeunes entreprises, qui rencontrent plus de difficultés pour obtenir du crédit bancaire que les grandes entreprises, même si leurs résultats financiers sont identiques. Les situations les plus préoccupantes sont observables en Espagne, en Grèce et en Irlande. « 225 milliards d'euros supplémentaires sont nécessaires entre 2014 et 2016 pour financer ces investissements. Nous travaillons avec la BEI sur des façons d'améliorer l'accès au financement. Mais nous attendons aussi les résultats d'une mise en oeuvre de l'Union bancaire », a expliqué le commissaire.
Il faut aussi stimuler l'innovation et la commercialisation des résultats de la R&D. « L'innovation a un impact positif sur l'emploi: une hausse de 1% de la vente de produits novateurs peut entraîner une croissance similaire dans le niveau d'emploi », a insisté M. Nelli Feroci.
L'amélioration de la qualité des performances de l'administration est, par ailleurs, indispensable. De nombreux États membres doivent réduire les coûts et les incertitudes auxquels les entreprises font face dans leurs relations avec l'administration publique. Le coût des dispositions fiscales, en termes d'argent et de temps, la corruption et l'inefficacité des systèmes judiciaires sont les plus grandes entraves à la croissance des entreprises. La plupart des États membres doivent aussi mieux prendre en considération les effets sur la compétitivité de la réglementation et de la législation dans d'autres domaines.
Un accompagnement s'impose pour soutenir l'internationalisation des PME. La Commission suggère de mener des politiques ciblées sur l'environnement des entreprises en ce qui concerne l'accès aux capitaux, les compétences, le soutien à l'innovation et les mesures de renforcement de la productivité.
Enfin, la compétitivité industrielle pâtit des prix du gaz et de l'électricité qui sont plus élevés dans l'UE que dans nombre d'autres économies. Les améliorations réalisées sur le plan de l'efficacité énergétique n'ont pas entièrement contrebalancé l'effet négatif de la hausse des prix. La mise en place d'un marché intérieur de l'énergie concurrentiel et la diversification des sources d'énergie sont donc indispensables.
Ces rapports viendront alimenter les discussions du Conseil Compétitivité des 25 et 26 septembre 2014 et les recommandations de la Commission dans le processus du semestre européen. (EH)