Bruxelles, 11/09/2014 (Agence Europe) - Le Premier ministre britannique, David Cameron, a déclaré sa flamme à l'Écosse, mercredi 10 septembre à Edimbourg, pressé par l'imminence du référendum sur l'indépendance de l'Écosse (18 septembre) et la popularité grandissante du oui (EUROPE 11150). L'adhésion à l'UE d'une Écosse indépendante demeurant la grande inconnue du scrutin, l'eurodéputé Jo Leinen estime qu'un traité spécial d'accession devrait être négocié.
Tour de charme de D. Cameron. D. Cameron s'est déplacé d'urgence à Edimbourg avec son vice-Premier ministre, Nick Clegg, et le leader de l'opposition, Ed Miliband, trois jours après la publication d'un sondage donnant l'avantage aux indépendantistes par 51% contre 49% pour les unionistes. C'est avec les « arguments du coeur » que le Premier ministre britannique a voulu s'exprimer en Écosse « à propos de ce pays extraordinaire qu'est le Royaume-Uni que nous avons construit ensemble ». D. Cameron a affirmé qu'il aurait « le coeur brisé si cette famille de nations que nous avons rassemblées - et qui ont fait tant de choses formidables ensemble - devait être démantelée ». Une Écosse indépendante ferait énormément de tort à la carrière politique de M. Cameron qui a néanmoins affirmé « tenir plus à son pays qu'à son parti ». Le même jour, le Premier ministre britannique signait une tribune du même acabit dans le Daily Mail lançant aux Écossais que « le reste du Royaume veut désespérément que vous restiez ». Des déclarations soudainement si suaves qui ont fait grincer des dents les indépendantistes. Le leader du Scottish National Party, Alex Salmond, a déclaré lors d'un meeting électoral le même jour que 'l'équipe Westminster' « paniquait ». Il a rappelé que les motivations du mouvement indépendantiste, tous partis confondus, était d'avoir « un parlement moteur qui peut créer des emplois pour l'Écosse ». « L'équipe Westminster ne semble concernée que par ses propres emplois », a-t-il raillé.
Quels lendemains du scrutin. Dans l'urgence de la campagne très serrée, D. Cameron a promis de transférer plus de pouvoir au Parlement écossais dès le 19 septembre, au lendemain du scrutin, en cas de victoire du 'non'. En cas de victoire du 'oui', au contraire, le hic sera, entre autres choses, l'avenir de l'Écosse au sein de l'Union européenne. La Commission européenne maintient que, de facto, les traités européens ne s'appliqueront plus à une Écosse indépendante, qui serait alors traitée comme pays tiers (EUROPE 11151). Toutefois, l'eurodéputé Jo Leinen (S&D, allemand), membre de la commission parlementaire des affaires constitutionnelles, ne voit aucune raison de bloquer l'accession de l'Écosse à l'UE dans ce cas de figure. Il affirme qu'il ne fait aucun doute qu'un État écossais pourrait remplir tous les prérequis pour être membre de l'UE, vu que l'Écosse a déjà mis en oeuvre toutes les lois européennes en étant partie du Royaume-Uni. M. Leinen défend l'idée qu'un traité spécial d'accession devrait être négocié et ratifié avant la date envisagée d'indépendance en mars 2016, et que l'Écosse ne devrait pas être comparée à un autre pays candidat. (MD)