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Bulletin Quotidien Europe N° 11153
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) russie/ukraine

Conflit gazier, trilatérale ministérielle le 20 septembre

Bruxelles, 11/09/2014 (Agence Europe) - Le commissaire européen à l'Énergie, Günther Oettinger, et les ministres russe et ukrainien de l'Énergie, respectivement Alexander Novak et Iouri Prodan, ont convenu de se retrouver le 20 septembre à Berlin pour tenter de résoudre le différend gazier entre Moscou et Kiev, a annoncé la porte-parole de M. Oettinger, jeudi 11 septembre.

Deux mois après l'échec des pourparlers trilatéraux et l'arrêt des fournitures de gaz russe à l'Ukraine à la mi-juin, Russes et Ukrainiens vont tenter de s'entendre sur un prix provisoire pour le gaz russe fourni à l'Ukraine et sur un plan de remboursement de la dette ukrainienne à l'égard du gazier russe Gazprom.

L'arrêt des fournitures de gaz russe à l'Ukraine et les tensions entre l'Europe et la Russie dans le contexte de la crise ukrainienne font craindre des perturbations sur des approvisionnements de l'UE en gaz russe, dont près de la moitié transite par l'Ukraine. Rencontrant M. Oettinger début septembre, M. Novak avait jugé la situation « hautement critique à l'approche de la saison de chauffage », avertissant du risque que le gaz livré par Gazprom pour l'Europe soit illégalement prélevé par l'Ukraine pour ses propres besoins.

Les flux inversés Pologne/Ukraine visés ? Le groupe gazier polonais PGNiG a confirmé, jeudi 11 septembre, que les livraisons de gaz russe vers la Pologne ont accusé une baisse marquée depuis le début de la semaine (-20% le 8 septembre, -24% le 9 septembre, et -45% le 10 septembre). Selon PGNiG, les réductions des livraisons commandées ont été enregistrées sur deux postes de transit de gaz au Belarus et un poste en Ukraine. Jeudi, le gazier polonais indiquait poursuivre son enquête sur les raisons de cette contraction, pour déterminer si elles sont de nature technique ou commerciale. PGNiG ajoutait n'avoir encore reçu aucune information de Gazprom sur les raisons de la réduction des livraisons de gaz vers la Pologne.

Une source interne chez Gazprom, citée par l'AFP, maintenait jeudi comme « toujours valide » le communiqué de la veille affirmant que les informations sur une baisse des livraisons étaient « incorrectes », le volume livré à la Pologne étant le même que les jours précédents, soit 23 millions de mètres cubes.

Interrogée par la presse jeudi, la Commission a préféré rester prudente face aux suspicions d'une possible mesure de rétorsion russe sanctionnant l'engagement de la Pologne dans la crise ukrainienne et ses livraisons de gaz en flux inversés à l'Ukraine. « Nous avons été informés par les autorités polonaises qu'il y a une réduction du flux de gaz en provenance de la Russie et qu'elles vont voir quelles en sont les causes, si elles sont de nature commerciale ou technique. On verra ce que les autorités polonaises vont nous dire avant de prendre une décision. Si c'est un problème technique, ce n'est pas la peine d'en parler lors de la réunion trilatérale. Si c'est un problème commercial, nous en tiendrons compte lorsque nous aurons la réunion trilatérale, le 20 septembre », a commenté la porte-parole de M. Oettinger.

En juin, Gazprom avait menacé de réduire ses livraisons aux compagnies européennes qui fournissent du gaz à l'Ukraine en flux inversés pour compenser l'interruption des livraisons russes. Depuis la coupure de livraisons russes le 16 juin, l'Ukraine s'est tournée vers l'Europe pour recevoir une partie du gaz russe importé par des pays européens (Pologne, Hongrie, Slovaquie). (EH)

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