Bruxelles, 11/09/2014 (Agence Europe)- Le commissaire à la Concurrence, Joaquin Almunia, a précisé ses intentions vis-à-vis de Google, après avoir créé la surprise, ces derniers jours, avec sa volte-face sur ce cas de position dominante dans le domaine de la publicité et la recherche en ligne (EUROPE 11152). Lors d'une conférence sur l'antitrust à Washington, mercredi 10 septembre, le commissaire n'a pas exclu la possibilité de publier une autre communication de griefs, mais il semble plus probable que le dossier échoie en fin de compte à Margrethe Vestager, qui héritera du portefeuille de la Concurrence dans la future Commission.
M. Almunia a confirmé à Washington être arrivé à la conclusion que les propositions de Google pour clore de dossier « devaient être modifiées pour répondre à de sérieux arguments empiriques fournis par des plaignants ». 18 des 20 plaignants auraient en effet fourni des informations à l'exécutif européen en ce sens. S'il s'avérait impossible de trouver des solutions à ces griefs, « nous reviendrions sur la voie d'une décision d'interdiction avec notre communication de griefs », a soutenu M. Almunia.
Le commissaire a affirmé attendre les réponses du géant du Net à sa demande d'améliorer certains aspects de la proposition de règlement. Il décidera ensuite si les concessions lui semblent suffisantes, mais « dans le pire des scénarios », si Google ne « change pas une virgule à ses précédents engagements », M. Almunia prévient qu'il sera nécessaire de prévoir une communication de griefs.
Il a en outre affirmé ne pas vouloir « une décision rapide à tout prix », mais, au contraire, être intéressé par une « bonne décision rigoureuse ». Il lui semble, somme toute, plus probable qu'une telle décision ne sera pas prête d'ici le 1er novembre et que l'investigation devra continuer sous la prochaine Commission. « Jusqu'à la dernière minute, nous y travaillerons, mais malheureusement le travail ne sera pas complet avant la fin du mois d'octobre », a-t-il précisé. Il incomberait donc à la prochaine commissaire à la Concurrence, Margrethe Vestager, fraîchement nommée, de reprendre le flambeau. (MD)