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Bulletin Quotidien Europe N° 11152
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) france

Paris repousse à 2017 le retour du déficit public sous les 3% du PIB

Bruxelles, 10/09/2014 (Agence Europe) - Le gouvernement français renonce à tenter de ramener le déficit public à la limite européenne de 3% avant l'élection présidentielle de 2017 et prévoit une hausse du déficit cette année au lieu d'une baisse, a annoncé le ministre français des Finances, Michel Sapin, mercredi 10 septembre, à l'issue d'une conférence de presse de dernière minute.

Selon le ministre, le déficit public atteindra 4,4% du PIB national fin 2014, au lieu des 3,8% prévu auparavant. Il serait donc plus élevé cette année qu'en 2013. Dans ses prévisions économiques de printemps, la Commission européenne avait établi un déficit public de 4,3% du PIB en 2013 et prévu un déficit de 3,9% du PIB en 2014. Pour 2015, la France table désormais sur un déficit qui stagne (4,3% du PIB) et sur un retour sous la barre des 3% fin 2017, soit deux ans après le délai fixé qui, lui-même, avait déjà été repoussé d'autant.

M. Sapin n'a demandé « aucune modification des règles européennes » inscrites dans le Pacte de stabilité et de croissance. « Nous ne demandons pas leur suspension, nous ne demandons aucune exception, ni pour la France ni pour tout autre pays, nous demandons la prise en compte collective d'une réalité économique qui nous concerne tous: une croissance trop faible, une inflation trop basse », a ajouté le ministre, rapporte Reuters. Selon lui, « l'enjeu, c'est de trouver au niveau européen le bon rythme de réduction des déficits qui permette de préserver la croissance ».

Le gouvernement français prévoit désormais une croissance du PIB de 0,4% en 2014 et de 1,0% en 2015, alors qu'il envisageait auparavant une croissance de 1,0% cette année et de 1,7% l'an prochain.

Afin de convaincre l'Eurogroupe, qui se réunira en fin de semaine à Milan, du bienfondé de l'action économique menée, les autorités françaises promettent de respecter l'engagement pris en matière de réduction du déficit structurel, c'est-à-dire débarrassé des effets de la conjoncture. Ainsi, M. Sapin a de nouveau fixé à 50 milliards d'euros d'ici à 2017 (dont 21 milliards en 2015) la barre des coupes dans les dépenses publiques. Les mesures destinées à redresser la compétitivité des entreprises (baisses de charges en échange d'embauches) sont maintenues de même que les baisses du coût du travail annoncées.

Prenant note de ces annonces, la Commission fait savoir qu'elle jugera les efforts français sur pièce. « La confirmation par la France de son engagement à poursuivre, comme prévu, les réformes structurelles annoncées et à présenter prochainement un nouveau paquet de mesures visant à améliorer la compétitivité est la bienvenue », a déclaré Simon O'Connor, porte-parole du commissaire chargé de l'euro, Jyrki Katainen. « Concernant les objectifs budgétaires révisés, il est évident que ceux-ci ne sont pas en ligne avec la recommandation adoptée par le Conseil en juin 2013. Le Pacte de stabilité et de croissance prévoit la possibilité d'une révision du délai dans certaines conditions, relatives notamment à l'évolution de la situation économique (…) et à des actions effectives visant à corriger le déficit excessif », a-t-il ajouté. La Commission analysera, mi-novembre, si l'effort budgétaire en termes structurel a été accompli, a indiqué M. O'Connor, demandant aux autorités françaises de spécifier « clairement » dans le projet de budget 2015 les « mesures crédibles » destinées à respecter « les réductions ambitieuses de dépenses prévues pour 2015 et au-delà ». Et de prévenir que seul le respect de l'effort structurel ouvrira la voie à l'utilisation de la flexibilité du Pacte de stabilité et donc à l'octroi d'un délai supplémentaire pour ramener le déficit public sous la barre des 3%.

Ironie de l'histoire, le prédécesseur de M. Sapin, Pierre Moscovici, a été nommé, le même jour, commissaire européen chargé de la surveillance des budgets nationaux et de l'application de la flexibilité inscrite dans les règles du Pacte. Refusant de commenter à chaud la situation budgétaire de la France, le futur président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a estimé que M. Moscovici était « bien placé » pour aider les autorités françaises à régler leurs problèmes de déficit et de compétitivité économique. (MB)

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