Bruxelles, 03/09/2014 (Agence Europe) - Les compagnies ferroviaires entrantes sur le marché ont dressé la liste des stratégies élaborées par les opérateurs dominants pour leur bloquer l'accès au marché. En la matière, l'imagination est sans limites, déplore l'Association européenne du fret ferroviaire, ERFA, qui a présenté les pratiques discriminantes à une dizaine de parlementaires européens, mercredi 3 septembre.
Les plus petits opérateurs, en contraste avec les opérateurs historiques, ont présenté des cas de figure auxquels ils sont confrontés dans divers États membres. Ceux-ci concernent par exemple l'administration publique qui favorise les opérateurs historiques en établissant des critères de subsides qui ne correspondent qu'à ces entreprises ferroviaires. Quand il s'agit de holdings ferroviaires étatiques, ERFA pointe du doigt des transferts de matériel ou de capitaux vers les sociétés soeurs, ou de flux financiers au sein du holding qui subsidient de manière indirecte des branches et les avantagent par rapport aux concurrents. Quant aux gestionnaires d'infrastructures au sein d'une holding intégrée, ils offriraient les sillons les moins intéressants aux nouveaux entrants, augmenteraient les tarifs qui leur sont appliqués ou encore retarderaient leur accès aux ateliers.
En détaillant toutes les tactiques mises en oeuvre dans les pays où la séparation n'est pas suffisante entre le gestionnaire d'infrastructure et les entreprises ferroviaires publiques, ERFA veut démontrer quelles sont les stratégies mises en oeuvre pour décourager les nouveaux entrants d'accéder au marché.
ERFA a soumis la liste des pratiques discriminantes à une dizaine de députés européens parmi lesquels le président de la commission parlementaire des transports, Michael Cramer (Verts, allemand), Dominique Riquet (ALDE, français), Ismail Ertug (S&D, allemand), Ines Ayala Sender (S&D, espagnole). Les eurodéputés fraîchement (ré)élus se voient donc avertis, alors que les négociations sur l'ouverture du marché du transport de passagers et la gouvernance ferroviaire avec le Conseil pourraient s'accélérer, dès la fin de l'année. (MD)