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Bulletin Quotidien Europe N° 11147
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) numÉrique

Le marché unique numérique, fil rouge de la présidence italienne

Bruxelles, 03/09/2014 (Agence Europe) - Antonello Giacomelli, le secrétaire d'État italien chargé des télécommunications, a présenté aux députés de la commission ITRE du Parlement européen, mardi 2 septembre, les priorités de la Présidence italienne du Conseil de l'UE en matière de stratégie numérique.

Il a souligné la nécessité absolue d'achever le marché numérique unique - en tant que « fil rouge de notre travail », d'améliorer l'accessibilité du web et d'éliminer les obstacles à la communication, tels que les frais d'itinérance. « Notre préoccupation est de faire de l'Europe un véritable sujet politique et institutionnel pour une véritable politique numérique européenne », a déclaré le ministre.

En résumé, la Présidence italienne focalisera son travail sur trois piliers: 1) le marché unique numérique ; 2) la sécurité des réseaux et de l'information ; 3) l'accès et l'utilisation d'Internet. Évoquant le danger d'un Internet dominé par les géants américains, M. Giacomelli a estimé qu'il fallait garantir l'égalité de traitement entre les fournisseurs de services quelle que soit la plate-forme utilisée, pour qu'il n'y ait pas d'obstacles à l'entrée pour les petits fournisseurs et ainsi garantir un Internet libre et ouvert à tous. En matière de sécurité des réseaux, il a remarqué une volonté commune de collaborer, même s'il existe des positions différentes entre les États membres. Alors que la commissaire, Neelie Kroes, participe actuellement au Forum sur la gouvernance d'Internet à Istanbul pour y défendre la position européenne (voir nouvelle suivante), le ministre italien a rappelé la nécessité de faire évoluer l'ICANN en impliquant toutes les parties prenantes.

Au cours du débat, Antonio Tajani (PPE, italien) s'est inquiété de la dominance des géants américains et demandé s'il était possible d'envisager des initiatives permettant une concurrence loyale dans le numérique. Pour M. Giacomelli, soit le marché trouve lui-même son équilibre en établissant spontanément des règles du jeu équilibrées, soit les institutions internationales décident de jouer un rôle déterminant pour définir des règles justes. Cette dernière option est à privilégier, selon lui. Répondant à la question de Marek Józef Gróbarczyk (CRE, polonais) sur la ligne de pensée à suivre en matière de gestion d'Internet, le ministre italien est d'avis que les intérêts des utilisateurs doivent primer en se focalisant sur la confidentialité des données. Internet n'a pas seulement une dimension commerciale, c'est également un instrument à gérer et à surveiller et les institutions doivent prendre leurs responsabilités, a-t-il ajouté. Le député Morten Helveg Petersen (ADLE, danois) a insisté sur la nécessité de lutter pour maintenir un Internet libre et ouvert, ce qu'a approuvé M. Giacomelli. Gianluca Buonanno a, pour sa part, demandé s'il n'était pas nécessaire de coopérer à haut niveau en matière de cybersécurité, à la fois sur les plans technique et opérationnel. La directive NIS sur la sécurité des réseaux et de l'information est essentielle et il faudra l'adopter avant la fin de notre présidence, a répondu M. Giacomelli. Il faut mettre en place un cadre commun contre les menaces cybernétiques, a-t-il aussi commenté, en insistant sur la notion de confiance pour une coopération fructueuse entre États. Il a également rassuré Pavel Telicka (ADLE, tchèque), qui s'inquiétait d'une éventuelle édulcoration de la proposition de Neelie Kroes pour une suppression totale à terme des frais d'itinérance. Il est important de faire en sorte que tous les États membres partagent un même objectif, il faut un message clair pour une politique numérique commune, il faut conjuguer les efforts pour abolir les barrières virtuelles à la communication mais aussi soutenir les investissements des opérateurs dans les infrastructures, a-t-il développé.

Évoquant la publication sur les réseaux sociaux de photos personnelles de célébrités suite à une faille dans un système icloud de Apple, Eva Kaili (PSE, grecque) a demandé comment se prémunir plus efficacement contre de tels actes. Tout cela est révélateur, il n'y a toujours pas de volonté de protéger efficacement la vie privée, a jugé M. Giacomelli. (IL)

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