login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 11147
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) agriculture

Embargo russe, la Commission évoque des compensations ciblées

Bruxelles, 03/09/2014 (Agence Europe) - La Commission européenne a annoncé, mercredi 3 septembre, sa volonté de doubler (de 30 à 60 millions d'euros) les crédits de l'UE consacrés à la promotion des produits agricoles de l'UE, afin de trouver de nouveaux débouchés après l'embargo russe frappant les importations de produits agricoles de l'UE. Elle soulève aussi la question de l'éventualité d'accorder des compensations ciblées en faveur des secteurs les plus lourdement affectés.

Le commissaire à l'Agriculture, Dacian Ciolos, a présenté au collège des commissaires une note d'information sur la situation dans les différents secteurs agricoles, sur les mesures déjà prises et sur les mesures envisagées à l'avenir. Cette note sera présentée ce jeudi 4 septembre en commission agriculture du Parlement européen et le lendemain au Conseil Agriculture (voir autre nouvelle).

M. Ciolos a rappelé que des mesures avaient été prises rapidement (retraits du marché, distribution gratuite et réduction de la production dans le secteur des fruits et légumes périssables, stockage privé dans le secteur des produits laitiers, mesures en faveur des pêches et nectarines) pour éviter une déstabilisation des marchés européens, une chute des revenus des agriculteurs et une « dégringolade des prix » (EUROPE 11141 et 11143). Les nouvelles règles de la PAC donnent à la Commission une rapidité d'action et une marge de flexibilité qu'elle n'avait pas auparavant, a signalé le commissaire.

Promotion. La Commission réfléchit à des mesures pour faciliter la recherche de nouveaux marchés pour les produits de l'UE (produits laitiers, fruits, viandes) interdits en Russie. « C'est pour cette raison que nous avons décidé de doubler cette année l'allocation budgétaire pour les programmes de promotion », a dit M. Ciolos. Initialement, la Commission avait alloué 30 millions d'euros de crédits communautaires (il faut ajouter à cela une somme identique provenant de financements privés et des pays de l'UE). Elle a décidé de porter cette enveloppe à 60 millions d'euros, soit au total une enveloppe de 120 millions d'euros, pour les programmes qui commenceront début 2015. Un nouveau règlement a été adopté sur les actions de promotion, qui prévoit notamment une hausse des crédits entre 2014 et 2020. « Donc il y aura des moyens pour la promotion », a promis le commissaire.

Compensations. La Commission compte discuter avec le Conseil et le Parlement européen de la question des « compensations financières ciblées en faveur de certains secteurs et de certaines catégories de bénéficiaires », a dit le commissaire. Dans certains secteurs, des PME sont très affectées car une partie importante de leurs productions était destinée à la Russie. Il faut, sur cette question des soutiens ciblés, « une action conjointe entre la Commission et les pays de l'UE ». En effet, la Commission ne peut agir autrement que dans les limites budgétaires accordées par le Conseil et le PE, a rappelé M. Ciolos. « Les moyens budgétaires sont assez limités pour la période 2014-2020 et la réserve en cas de crise agricole de 430 millions d'euros est financée à l'intérieur du budget de la PAC et pas à l'extérieur », a précisé Dacian Ciolos, convaincu que « nous avons besoin dans ce domaine d'une action communautaire ».

Les mesures d'urgence décidées jusqu'alors en faveur des producteurs de l'UE s'élèvent à environ 180 millions d'euros. M. Ciolos a évoqué aussi la possibilité pour les pays de verser des aides d'État ciblées.

Mais rien que pour l'Italie, la facture liée à l'embargo russe atteindrait 200 millions d'euros.

Des chiffres. La Russie est le deuxième partenaire commercial de l'UE pour le secteur agro-alimentaire et l'UE envoie 10% de ses exportations agroalimentaires vers la Russie, a dit le commissaire européen à l'Agriculture. L'embargo russe vise 4,2% des exportations agroalimentaires totales de l'UE, avec une valeur totale de 5 milliards d'euros. Les secteurs les plus touchés sont ceux des fruits et légumes (29% des exportations européennes allaient vers la Russie), des fromages (33% des exportations européennes allaient vers la Russie) et du beurre (28% des exportations de l'UE allaient vers la Russie). Les pays les plus touchés sont les pays baltes, la Finlande mais aussi les pays du Sud producteurs de fruits et légumes. (LC)

Sommaire

POLITIQUES SECTORIELLES
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
INSTITUTIONNEL
ACTION EXTÉRIEURE
COUR DE JUSTICE DE L'UE