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Bulletin Quotidien Europe N° 11147
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) transports

Crash du vol MH17, les eurodéputés cherchent les responsables

Bruxelles, 03/09/2014 (Agence Europe) - La crash du vol MH17 en Ukraine a animé la rentrée parlementaire des membres de la commission des transports (TRAN). Plus d'un mois après la catastrophe, les eurodéputés s'évertuent à comprendre comment l'avion a pu survoler une zone de conflit et être abattu et qui en est responsable. Ils ont questionné à cet égard Eurocontrol, l'Agence européenne pour la sécurité aérienne (EASA), l'Association internationale des transporteurs aériens (IATA), l'Organisation internationale de l'aviation civile et la Commission européenne, lors de leur première réunion le mercredi 3 septembre.

Si les coupables du crash sont, bien entendu, ceux qui ont tiré sur le vol MH17, causant la mort de 298 personnes le 17 juillet, les eurodéputés veulent aussi savoir qui sont les responsables de cette brèche flagrante dans le dispositif de sécurité aérienne. Face aux explications fournies par les experts, les eurodéputés se sont inquiétés mercredi du manque d'échange d'informations entre États membres et autorités compétentes. Les opérateurs aériens semblent insuffisamment avertis des risques encourus lors du survol d'une zone de conflit. Ils disposent des recommandations émises par l'EASA ; Eurocontrol, pour sa part, approuve leurs plans de vols et il appartient seulement à un État de prendre la décision de fermer son espace aérien. Mais est-ce que tous ces maillons de la chaîne d'information disposent et partagent bien les données nécessaires, telles que les renseignements militaires, pour prendre des décisions judicieuses ? La compagnie aérienne British Airways, par exemple, avait déjà pris la décision de ne plus survoler la zone de combat en Ukraine. Comment se fait-il, dès lors, que d'autres compagnies n'aient pas emprunté la même voie, reste interloqué le néerlandais Peter Van Dalen (CRE), dont 173 compatriotes ont perdu la vie dans la catastrophe.

Pour la Commission européenne, le directeur général de l'aviation aérienne à la DG Move, Matthew Baldwin, a conclu que les rôles et les responsabilités de chacun des acteurs étaient « parfaitement délimités », mais qu'il était, en effet, « nécessaire d'améliorer le flux d'informations ». Un constat dressé par tous les organes présents à l'audition. M. Baldwin a confirmé que la Commission « essaierait d'adapter et d'ajuster ces rôles, afin d'éliminer le risque de voir se reproduire ce type de catastrophe », sans pour autant « légiférer à gogo ».

Giancarlo Buono, directeur pour la sécurité à l'IATA, a toutefois glissé que la mise en oeuvre du Ciel unique pourrait améliorer la circulation de l'information en évitant les doublons. Un argument auquel a coupé court M. Baldwin, arguant que la Ciel unique européen n'aurait pas pu éviter le crash, l'Ukraine étant en dehors de cet espace.

Les députés européens et les experts se sont en outre inquiétés de l'accès toujours limité à la zone du crash pour les enquêteurs. Un rapport préliminaire devrait être rendu dans les prochaines semaines, sur base notamment de l'analyse des boîtes noires. L'enquête internationale est chapeautée par les Pays-Bas, le parquet néerlandais a également ouvert une enquête pénale sous juridiction internationale. (MD)

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