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Bulletin Quotidien Europe N° 11147
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) agriculture

Réunion ministérielle vendredi sur l'embargo russe

Bruxelles, 03/09/2014 (Agence Europe) - Les ministres européens de l'Agriculture se réuniront de manière extraordinaire, vendredi 5 septembre à partir de 14 heures, afin d'évaluer l'impact et les conséquences de l'embargo russe sur les importations de produits agricoles de l'UE (EUROPE 11146).

Le débat du Conseil Agriculture sera structuré autour de questions élaborées par la Présidence italienne: produits touchés par l'embargo dans les États membres, mesures déjà prises pour atténuer les effets négatifs de l'interdiction au niveau national ou européen, mesures supplémentaires envisageables ou souhaitées.

Le président en exercice de ce Conseil, Maurizio Martina, ministre italien de l'Agriculture, a salué, mercredi 3 septembre devant les députés de la commission agriculture du Parlement européen, la réactivité de la Commission européenne après l'annonce de l'embargo, en adoptant des mesures. « La réforme de la PAC a montré que des instruments existent, mais il serait utile de renforcer ce type de mesures », a déclaré le ministre italien. Maurizio Martina a insisté sur le besoin surtout de surveiller la situation et de mettre en oeuvre les instruments destinés à « soutenir nos exploitations ». « Il faut voir avec la Commission comment mettre en place les éléments permettant de renforcer les instruments », a-t-il ajouté, après les nombreuses questions des députés sur ce problème de l'embargo.

Qu'attendre de ce Conseil extraordinaire ? Il est peu probable que de nouvelles mesures soient annoncées. Les ministres devraient souligner l'urgence du problème pour certains pays, comme les pays baltes, la Finlande ou encore la Grèce. Le Conseil devrait évaluer les réponses apportées à ce stade par la Commission. Certains pays, dont les pays baltes, devraient demander des mesures supplémentaires: révision du prix d'intervention dans le secteur du lait, restitutions à l'exportation, soutien spécifique en faveur de l'Estonie, de la Lettonie et de la Lituanie.

La Commission devrait fournir une sorte de canevas (voir autre nouvelle) sur ce qui a été fait et sur ce qui peut encore l'être: aides d'État, promotion, aides couplées, stabilisation des revenus via les programmes de développement rural.

Réunis mardi 2 septembre à Boon, les ministres de l'Agriculture allemand, français et polonais ont affirmé vouloir soutenir les agriculteurs européens face à l'embargo russe. « Notre objectif doit être de minimiser l'impact pour les intéressés et, dans le même temps, de trouver de nouveaux marchés et de nouveaux débouchés pour amortir les crises à l'avenir », a déclaré le ministre allemand, Christian Schmidt, après une rencontre avec ses homologues français, Stéphane Le Foll, et polonais, Marek Sawicki. Les trois ministres comptent insister ensemble sur la nécessité de suivre le sujet « au jour le jour » et produit par produit, pour « se tenir prêt à intervenir » si besoin est, a-t-on précisé à Paris.

À noter que l'UE a entamé des discussions avec certains pays tiers (dont Égypte, Maroc, Israël) pour éviter que des pays tiers tentent de se substituer à l'UE sur le marché russe (voir aure nouvelle).

Certains ministres pourraient évoquer les risques de contournement ou de commerce triangulaire (par exemple un produit allemand vendu aux Suisses puis revendu en Russie).

En vertu du décret présidentiel n° 560 du 6 août 2014 sur l'application de certaines mesures économiques spéciales visant à garantir sa sécurité, la Russie a interdit l'importation, pour une durée d'un an, d'un certain nombre de produits agricoles, de matières premières et de denrées alimentaires en provenance de l'Union européenne, des États-Unis, du Canada, de l'Australie et de la Norvège (EUROPE 11135). La liste des produits interdits a été légèrement modifiée le 20 août. Les produits visés sont les suivants: viande, poisson et crustacés, lait et produits laitiers, fruits et légumes, saucisses et denrées alimentaires ou produits finis.

Mesures déjà prises. La Commission a décidé, le 18 août, de déclencher des mesures d'urgence afin de réduire l'offre globale de certains fruits et légumes périssables sur le marché européen (retraits du marché, indemnisation de non-récolte et de récolte en vert). Ces mesures s'appliqueront jusqu'à la fin du mois de novembre et disposeront d'un budget de 125 millions d'euros. Des mesures de soutien d'urgence pour les pêches et les nectarines ont été annoncées le 11 août (29,7 millions d'euros pour les retraits et 3 millions d'euros pour la promotion). Des mesures en faveur des producteurs de lait et produits laitiers (beurre, lait écrémé en poudre, certains fromages) ont également été décidées récemment.

Budget. L'essentiel des crédits devrait provenir de la réserve de crise pour 2015. La Commission a évoqué la possibilité de reports (de 2014 à 2015) de crédits non utilisés, mais elle se montre très prudente en la matière car plusieurs pays contributeurs nets sont très réticents vis-à-vis de tels transferts. (LC)

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