Bruxelles, 23/05/2014 (Agence Europe) - Si la relance économique figure souvent en première place dans les manifestes des partis européens, c'est bel et bien inverser la courbe du chômage, particulièrement chez les jeunes, qui constitue l'objectif ultime. Pour l'atteindre, les partis apportent des solutions diverses, mais chaque fois avec l'idée d'essayer de préserver un modèle social propre à l'Europe, qui a été fragilisé par la crise financière et économique. Dans la continuation de la présentation des enjeux des élections européennes (voir article précédent dans ce bulletin), EUROPE s'attache ici à exposer succinctement les différentes positions en matière de politique sociale, même si celle-ci constitue rarement un ensemble unifié de mesures, qui sont plutôt réparties dans le champ d'action économique ou industriel.
Parti populaire européen (PPE). Le PPE ne compte pas changer d'approche dans les cinq ans à venir, en visant essentiellement à poursuivre certaines initiatives lancées par le commissaire Laszlo Andor (Emploi et Affaires sociales) et les objectifs de la stratégie EUROPE 2020. La convergence sociale au sein de l'UE doit être renforcée par la promotion de politiques d'emploi actives et inclusives, par la mobilité professionnelle et en poursuivant le travail effectué au niveau européen en faveur de l'emploi des jeunes, surtout à travers la garantie jeunesse et en encourageant les jeunes entrepreneurs. Le salaire minimum est jugé bénéfique, mais cela doit rester une compétence nationale, l'objectif premier restant la consolidation budgétaire et l'accroissement de la compétitivité.
Parti socialiste européen. Une des propositions phare des socialistes est la mise en place graduelle, d'ici à 2025, d'un salaire minimum dans l'ensemble de l'UE, soit par voie légale, soit par le biais de conventions collectives, mais qui devrait être, dans tous les cas, équivalent à au moins 60% du salaire médian national. Les retombées de ce projet varieraient sensiblement entre les États membres (EUROPE 11070). Dans l'ensemble, la politique sociale, d'emploi et familiale devrait revêtir un caractère plus contraignant dans le processus du 'Semestre européen', avec des objectifs établis en commun. Pour les jeunes, l'approche est similaire à celle du PPE. La garantie jeunesse y tient aussi une place centrale, mais les socialistes veulent y consacrer plus de moyens, en faisant passer en 2016 son budget européen de six milliards d'euros à 21 milliards, tout en essayant de responsabiliser davantage les États membres (en nommant publiquement les mauvais élèves).
ADLE. Le manifeste électoral du parti des libéraux et démocrates européens (ALDE) ne consacre que peu de place à la politique sociale. Ce sont les actions en matière de politique économique (EUROPE 11085), comme l'achèvement du marché unique, qui sont considérées comme les plus à même de répondre à « la crise économique et sociale » actuelle.
Les Verts/ALE. Le parti écologiste propose un programme similaire à celui des socialistes. Il comporte un plaidoyer pour une garantie jeunesse plus robuste, la fin du dumping social, des emplois sous-payés et des stages abusifs. De la même manière, les verts européens préconisent la mise en place progressive de minima sociaux en Europe, mais adaptés aux réalités nationales et aux spécificités des marchés du travail. La poursuite du « progrès social » devrait être inscrite dans le Traité.
Gauche européenne. La Gauche unitaire européenne a adopté en matière sociale des revendications et une approche semblables à celles des socialistes, mais en y attachant des objectifs plus ambitieux. D'un côté, elle veut harmoniser les salaires et le niveau de protection sociale par le haut. Mais, d'un autre côté, les États membres devraient rester les seuls à décider de leurs niveaux. Elle considère par ailleurs que les Européens travaillent trop. Le temps de travail devrait ainsi être réduit, mais sans baisse de salaire ou un allongement de l'âge de départ à la retraite. Pour cette dernière, un seuil minimal devrait aussi être déterminé. (JK)