Bruxelles, 23/05/2014 (Agence Europe) - Triple signature d'accords de partenariat cette semaine. Allemagne, Pologne et Grèce sont désormais officiellement liées à la Commission européenne pour utiliser à bon escient les fonds structurels et d'investissements européens (FSIE) en 2014-2020. Cela ne signifie pas pour autant que les nouveaux programmes financés par l'UE démarreront dans l'immédiat.
Après l'inauguration du nouveau concept d'accord de partenariat dans le cadre de la réforme de la politique de cohésion, ce sont donc trois autres pays qui ont vu leurs stratégies d'investissement approuvées par la Commission européenne, après négociations.
La Pologne s'illustre parmi les trois pays par la proportion des crédits disponibles que cela représente pour le pays. 77,6 milliards d'euros seront répartis en 22 programmes opérationnels sous cette période de programmation financière, dont 12,8 milliards pour le Fonds social européen. 24 milliards d'euros, soit plus d'un tiers des fonds (FEDER et Cohésion), seront alloués à des projets d'infrastructure (transports, énergie). Presque un autre tiers sera dédié à la recherche et l'innovation avec 10 milliards d'euros, mais, pour la même période, la Pologne mettra l'accent sur l'économie faible en carbone, avec 9,1 milliards accordés entre autre aux énergies renouvelables (augmentation de 30% par rapport à la période précédente). Alors que les FSIE, lors de la précédente période, ont « permis un développement substantiel dans le pays », en créant des emplois et en assurant la croissance, il faut que Varsovie « s'appuie sur ces succès », observe le commissaire européen au Développement, Johannes Hahn.
L'accord de partenariat signé par la Grèce définit la stratégie du pays pour absorber les 15,52 milliards d'euros qui lui seront alloués jusqu'à la fin de la décennie. 13 programmes régionaux en bénéficieront, mettant l'accent en priorité sur le développement du capital humain, la lutte contre le chômage et l'exclusion, le soutien à l'entrepreneuriat. Le Fonds social européen jouera pour cela un rôle capital avec 3,33 milliards. Au titre de l'Initiative pour l'emploi des jeunes, 171,5 millions d'euros viseront spécifiquement les jeunes, dont plus de la moitié dans le pays est à la recherche d'un emploi. En outre, 4,2 milliards d'euros seront dédiés au développement rural et une attention particulière sera attribuée à la modernisation de l'administration publique et à la protection de l'environnement. Ce sont autant « d'importants choix stratégiques » qui ont été faits, a commenté le commissaire européen, saluant le fait que les priorités aient été hiérarchisées afin de « tirer le meilleur parti d'importants financements de l'UE et de veiller au redressement de l'économie grecque ».
L'accord signé entre l'Allemagne et la Commission porte sur 19,2 milliards d'euros au total, qui seront répartis entre 32 programmes opérationnels, dont 15 découlant directement du Fonds social européen (6,7 milliards). Les priorités d'investissement retenues sont la réduction des disparités entre régions, la promotion de la recherche, le soutien à la transition énergétique et le développement du capital humain.
D'autres accords devraient succéder à ceux-ci dans les prochains mois, le commissaire est bien décidé à avoir signé les 28 d'ici la fin de son mandat. Toutefois, cela ne signifie pas que l'argent sera débloqué dans l'immédiat et que les programmes pourront se mettre en place. Les programmes opérationnels eux-mêmes doivent encore être proposés par les États membres et approuvés par la Commission (octobre). M. Hahn a rappelé que les États membres sont d'ailleurs concentrés, cette année encore, sur la réalisation des programmes financés sous la période précédente (2007-2013). Toutefois, il note que les préparatifs pour la mise en oeuvre de la politique de cohésion ont une année d'avance par rapport à l'exercice précédent. (MD)