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Bulletin Quotidien Europe N° 11086
PARLEMENT EUROPÉEN 2014 / (ae) pe 2014

Les programmes des principaux partis politiques

Bruxelles, 23/05/2014 (Agence Europe) - Après l'économie, voici, à la veille des résultats, les principaux points des programmes des partis politiques sur l'immigration, le TTIP, la politique de voisinage, l'élargissement et les affaires étrangères, ainsi que sur le social (voir autre nouvelle).

IMMIGRATION

PPE: Sur l'immigration illégale, les États membres de l'UE doivent coopérer étroitement à la gestion des frontières afin de garantir le maintien de la sécurité interne. Notre agence frontalière commune, Frontex, doit être renforcée, dit le PPE. L'UE doit aussi coopérer efficacement avec les services en charge de la sécurité aux frontières de pays tiers afin d'éviter tout débordement criminel dans le cadre de la migration. En même temps, les victimes de persécutions politiques et religieuses doivent bénéficier d'une protection adéquate. Il convient de développer et de renforcer les politiques d'intégration destinées aux migrants. L'intégration va dans les deux sens et implique à la fois des droits et des responsabilités. Le candidat Juncker a un plan en cinq points: mettre en oeuvre sans délai le paquet 'Asile' adopté en avril 2013, aider le Bureau européen d'appui en matière d'asile, renforcer la coopération avec les pays tiers notamment du nord de l'Afrique pour prévenir l'immigration illégale, organiser la migration légale en développant le recours à la carte bleue, outil sur mesure pour les travailleurs des pays tiers hautement qualifiés, et, enfin, renforcer l'agence Frontex de patrouilles aux frontières en sollicitant davantage la participation des États membres.

PSE: Il faut bâtir des politiques d'asile et d'immigration qui puissent permettre d'éviter de nouvelles tragédies humaines et des ressources suffisantes doivent y être allouées. Pour sauver des vies, l'UE et ses pays membres doivent être solidaires et mettre en place des mécanismes appropriés pour que les responsabilités soient partagées. Les socialistes veulent des politiques d'intégration et de participation efficaces et une assistance aux pays d'origine des migrants. La lutte contre la traite des êtres humains doit être renforcée. Martin Schulz veut des voies de migration légale vers l'UE avec des critères précis. Les frontières communes de l'UE doivent être bien surveillées, mais de manière humaine.

ADLE: Les libéraux veulent développer une vision légale et économique de la migration et mettre sur pied un système de migration légale inspiré des modèles canadien et australien, avec une décision chaque année au niveau de l'UE concernant le nombre de migrants autorisés à venir dans l'UE. Réinstallation et visas humanitaires pour les réfugiés doivent être mis en oeuvre. La traite des êtres humains doit être activement combattue. Frontex, pour sa part, doit mener à bien ses activités et être renforcée.

Verts/ALE: Le mot d'ordre des verts européens est la dignité humaine. Ayant lancé de nombreuses campagnes contre l'agence Frontex et certaines de ses pratiques, jugées en contradiction avec les droits fondamentaux, les verts veulent d'abord que les personnes ayant besoin d'une protection puissent réellement la trouver dans l'UE. Les verts veulent la fin de Dublin, règlement qui établit quel est l'État responsable pour le traitement d'une demande d'asile, et une vraie solidarité entre les États membres en matière de partage du 'fardeau'.

Parti de gauche européen: l'agence Frontex doit être supprimée et l'Europe ne doit pas être une forteresse. Le Parti veut mettre l'accent sur les femmes migrantes particulièrement vulnérables et demande une législation pour lutter contre le trafic et l'exploitation sexuelle des femmes.

TRAITÉ DE LIBRE-ÉCHANGE TRANSATLANTIQUE (TTIP)

PPE: Les conservateurs européens sont pour cet instrument qui créera, selon eux, des emplois et de la croissance. Jean-Claude Juncker l'a dit: pas question pour le PPE de signer un accord qui se situerait en deçà des standards européens, environnementaux ou sociaux ou en ce qui concerne les données personnelles.

PSE: les socialistes européens sont sur la même ligne: 'oui' au TTIP et à la création d'emplois pour l'UE, 'non' à l'abaissement des standards, notamment sur la question de la protection des données.

ADLE: le TTIP est une opportunité pour l'UE et rapportera de nombreux bénéfices, selon les libéraux. Mais Guy Verhofstadt a rappelé qu'il souhaitait voir associées à cet accord des garanties de la part des États-Unis en matière de protection des données personnelles et de respect de la vie privée des Européens.

Verts: le TTIP tel qu'il se dessine est, pour les verts, la ligne rouge à ne pas franchir. Pour les écologistes européens, c'est un 'non' ferme tant que la question des tribunaux d'arbitrage des différends commerciaux ne sera pas pleinement éclaircie. L'accord tel qu'il est envisagé actuellement représente pour les verts un abaissement des normes européennes.

PGE: La Gauche européenne veut bloquer « le Grand Marché transatlantique qui menace les droits sociaux, la qualité des produits et l'identité européenne même ». « Plus généralement, les accords passés par l'UE avec les autres pays du monde menacent les droits de tous. Nous voulons rassembler tous les secteurs et les citoyens menacés par le Traité, dans l'agriculture, l'élevage, l'industrie, l'audiovisuel, dans le monde du travail en général, l'environnement, la culture », affirme le Manifeste.

ÉNERGIE/CLIMAT/ENVIRONNEMENT

PPE: Le candidat Juncker veut « réformer et réorganiser la politique énergétique de l'Europe dans une nouvelle Union européenne de l'énergie. Nous devons mettre en commun nos ressources, combiner nos infrastructures et unir notre pouvoir de négociation vis-à- vis des pays tiers ». Il faut aussi diversifier les sources d'énergie et réduire la dépendance énergétique de plusieurs États membres. Pour Juncker, si le prix de l'énergie venant de l'est « devient trop cher, soit en commerce ou en termes politiques, l'Europe doit être capable de passer très rapidement à d'autres canaux de distribution . Nous devons être en mesure d'inverser le flux d'énergie lorsque cela est nécessaire. Et nous avons besoin de renforcer la part des énergies renouvelables sur notre continent ». L'UE devrait devenir le numéro un mondial dans les énergies renouvelables.

PSE: L'UE doit retrouver sa place de leader mondial dans le domaine de la protection de la nature et des ressources naturelles ainsi que dans la lutte contre la pollution et le changement climatique. Pour ce faire, elle « doit travailler en étroite collaboration avec ses partenaires mondiaux et montrer l'exemple ». Le PSE favorisera les technologies non polluantes et les méthodes de production respectueuses de l'environnement. « Étant donné le rapprochement de l'échéance de 2020, nous plaiderons en faveur de la définition de nouveaux objectifs contraignants concernant la réduction des émissions de carbone, l'augmentation de la part d'énergies renouvelables et l'accroissement de l'efficacité énergétique ». Il demandera aussi la mise en oeuvre d'obligations liées à des projets pour financer des investissements dans l'économie verte, les énergies renouvelables et les technologies vertes. Il faudra aussi inciter les citoyens à réduire leurs factures énergétiques et leur empreinte écologique et garantir à chaque citoyen « un accès minimum à l'énergie ».

ADLE: Les libéraux pensent qu'une économie pauvre en carbone et intelligente dans l'utilisation des ressources créera de l'emploi et rendra l'UE moins dépendante en termes d'importation d'énergie. Le parti milite pour des investissements dans un réseau électrique paneuropéen et le renforcement des sources d'énergie renouvelable. Il fixera ces priorités dans un cadre d'action soumis aux États: augmenter l'efficacité énergétique, la décarbonisation de la production d'énergie, développer les technologies de captage et de stockage du carbone, promouvoir le recyclage, la réutilisation et l'efficacité dans l'utilisation des ressources naturelles et l'élimination progressive des subventions préjudiciables à l'environnement, y compris celles pour la production de combustibles fossiles et leur consommation. Les fonds structurels versés à la recherche et à l'investissement devraient être réorientés vers les secteurs d'avenir comme ceux liés aux énergies renouvelables.

Verts: Tout le programme politique des verts est basé sur l'écologie. Le parti demande, entre autres, d'augmenter l'objectif existant « et, désormais, obsolète de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 20% par rapport à leurs niveaux de 1990 d'ici à 2020 pour le porter à 30% et se fixer comme cible une nouvelle réduction d'au moins 55% d'ici à 2030, afin de parvenir à une société neutre en carbone d'ici à 2050 ». Une politique énergétique cohérente, fondée sur les économies d'énergie, l'efficacité énergétique et les énergies renouvelables est le seul moyen de parvenir à une économie basée quasi exclusivement sur les énergies renouvelables d'ici à 2050. La consommation d'énergie devra être réduite de 40% dans les 15 prochaines années et les énergies renouvelables, à l'exclusion des agrocarburants, devront être développées pour atteindre 45% de la consommation d'énergie d'ici à 2030. La sortie du nucléaire reste l'un des axes phare.

PGE: Le parti milite pour un nouveau modèle de développement écologique basé sur la relocalisation et la reconversion de la production industrielle en Europe (développer les circuits courts de production et de consommation), la lutte contre le dérèglement climatique en développant de vraies énergies renouvelables et les économies d'énergie ainsi que le développement des transports collectifs. Il faut garantir la souveraineté alimentaire en développant une agriculture écologiquement et économiquement soutenable, protéger la mer et faire un bon usage responsable des ressources marines, refuser la privatisation des ressources naturelles et rendre publiques les ressources, la production et la distribution d'énergie.

ÉLARGISSEMENT

PPE: Le Parti populaire européenne (PPE) considère que l'UE doit avoir un élargissement « plus prudent ». Il « prône un élargissement judicieux, qui préserve l'identité de l'UE et tienne compte de la capacité de l'UE à intégrer » les nouveaux membres. Le candidat Jean-Claude Juncker est, lui, plus sévère, parlant d'une « pause »: si, sous sa présidence, « les négociations en cours continueront », et notamment avec les pays des Balkans occidentaux, il n'y aura « pas de nouvel élargissement au cours des cinq prochaines années ». Il considère que la Turquie « est bien loin de l'adhésion à l'UE », qu'elle n'est pas prête.

PSE: Pour le Parti socialiste européen (PSE), « nous devons continuer de soutenir l'élargissement ». Il met en avant le respect « sans équivoque » des droits fondamentaux et des valeurs européennes pour toute adhésion future.

ADLE: Selon les libéraux, l'élargissement de l'UE reste un «instrument essentiel» de la politique étrangère et de sécurité commune.

Verts: Les verts se disent « attachés » à l'élargissement de l'UE. Pour eux, l'UE doit rester ouverte à de nouvelles candidatures « tant que celles-ci remplissent les critères d'adhésion ». Les verts sont favorables à une perspective d'adhésion de « tous les pays des Balkans occidentaux » ; ils veulent une « accélération » des négociations avec la Turquie et que celles-ci soient « justes et crédibles ».

PGE: La Gauche européenne reste vague sur sa position concernant l'élargissement, soulignant seulement dans son manifeste que « la reconnaissance du peuple kurde en Turquie et la fin de la répression » sont une condition pour une « éventuelle entrée de la Turquie dans l'UE ». Elle exige aussi que la Turquie respecte les droits internationaux concernant l'unification de Chypre.

VOISINAGE

PPE: Soulignant que « notre voisinage immédiat est source de nouvelles opportunités, mais aussi de défis et de menaces potentielles », le Parti populaire européen considère que les relations avec les voisins de l'est « doivent faire l'objet d'une approche à très long terme » et que l'UE doit élaborer une vision et proposer de nouvelles stratégies pour les pays du sud de la Méditerranée.

PSE: Le Parti socialiste européen soutient le Partenariat oriental en tant qu' « instrument efficace » pour rapprocher ces pays de l'UE et développer des relations fortes avec la région méditerranéenne.

ADLE: Les libéraux veulent continuer à soutenir les réformes démocratiques et économiques dans les pays voisins de l'UE, car « la présence de démocraties plus saines à nos frontières rend l'Union européenne plus sûre ».

Verts: Pour les verts, l'UE a un rôle « déterminant à jouer dans son voisinage immédiat pour renforcer la stabilité et la démocratie ». Ils veulent renforcer les partenariats à l'est avec des pays tels que l'Ukraine, la Géorgie, la Moldavie, en étant un « partenaire honnête et doté de principes ». Les verts souhaitent aussi que l'UE se concentre sur les évolutions en cours en Méditerranée et en Europe de l'Est et qu'elle soutienne effectivement les efforts de réforme qui s'y manifestent.

PGE: La gauche européenne demande un réexamen de l'Euromed.

POLITIQUE ÉTRANGÈRE ET DE SÉCURITÉ

PPE: Le Parti populaire européen souhaite renforcer et augmenter l'efficacité de la politique étrangère de l'UE. « Nous avons besoin d'une Europe plus forte quand il s'agit de politique étrangère », explique Jean-Claude Junker. Selon lui, l'UE doit être plus efficace en regroupant les outils de l'action extérieure de l'UE: la politique commerciale, l'aide au développement, la participation dans les institutions financières internationales et la politique de voisinage doivent être combinées et activées selon une seule et même logique. M. Juncker souhaite que le prochain Haut représentant agisse comme un vrai ministre européen des Affaires étrangères. Le PPE veut aussi développer les capacités de l'Europe en matière de défense et de sécurité, avec, pour les États qui le souhaitent, la mise en commun de leurs capacités de défense sous la forme d'une coopération structurée permanente. L'UE doit réformer sa politique de développement, pour qu'elle soit efficace, transparente, vise la réduction de la pauvreté et soit fondée sur les principes de l'économie sociale de marché, selon M. Junker.

PSE: Pour le Parti socialiste européen, il faut promouvoir l'influence de l'Europe dans le monde. L'Europe doit associer « défense, développement, commerce et diplomatie afin de maximiser les effets positifs de sa politique étrangère », selon son manifeste. L'UE doit agir efficacement pour la paix dans le monde et promouvoir activement la coopération en matière de défense ; elle doit aussi former des alliances solides pour faire face aux défis communs. « Nous devons soutenir les peuples qui luttent pour la démocratie, la justice sociale, la non-discrimination, la liberté et contre toute forme d'occupation dans les différentes régions du monde », explique le PSE. Il veut aussi lutter contre les déséquilibres mondiaux et la pauvreté en mettant en place des politiques de développement cohérentes et en faisant des Objectifs du millénaire pour le développement et du Programme d'Action des Nations unies en faveur du développement au-delà de 2015 des succès.

ADLE: Les libéraux soutiennent « fermement » le nouvel accent mis sur les droits de l'homme. Ils veulent accroître l'influence de l'UE dans les affaires internationales en créant un siège européen supplémentaire au Conseil de sécurité des Nations unies et dans d'autres organisations. « L'Europe devra compter davantage sur ses propres ressources militaires et forces de sécurité. Il est nécessaire de mieux mutualiser et partager ces capacités pour en optimiser l'usage », souligne leur manifeste. Les libéraux travaillent aussi à une « coopération beaucoup plus étroite » entre l'UE et l'OTAN. Selon eux, l'UE devrait aussi renforcer ses capacités de gestion civile de crises et utiliser son expérience pour garantir la stabilité, l'État de droit et les principes de bonne gouvernance.

Verts: Les verts pensent que l'UE doit construire « une politique extérieure commune fondée sur des valeurs, qu'elle joue un rôle international éminent, afin de combattre les causes structurelles de la pauvreté, de promouvoir la justice, la solidarité, la paix et la défense des biens communs globaux ». Pour eux, l'UE devrait placer les droits de l'homme parmi ses priorités de politique étrangère, y compris dans la composante commerciale de cette dernière. « L'UE doit parler d'une voix commune », explique le manifeste. Les Verts veulent que l'UE appuie une gouvernance mondiale multilatérale et resserre ses liens de partenariat avec d'autres organisations régionales existantes. L'UE devrait établir des « partenariats solides et équitables » avec les pays du Sud « visant, par une politique de coopération au développement, à réduire les inégalités à l'intérieur des sociétés et entre elles », souligne le manifeste. La gestion civile des conflits doit toujours être prioritaire, ajoutent les Verts, qui souhaitent aussi que l'UE renforce son rôle humanitaire.

PGE: La Gauche unitaire défend « l'internationalisme, contrairement à l'impérialisme, qui crée des divisions entre les pays et les peuples d'une manière artificielle ». Elle soutient une Europe de la paix et du dialogue politique contre la violence et la coercition militaire. Selon elle, choisir la gauche européenne est « le choix de la paix entre les personnes, mais aussi entre les peuples et les sociétés ». « Nous défendons les valeurs de la paix, nous opposons aux traités militaires et à leurs conséquences pour l'UE, résistons à la politique d'armement et agissons sur les conflits en cours, afin de poursuivre la paix dans le monde », explique le manifeste. (SP/CG)

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