Bruxelles, 07/04/2014 (Agence Europe) - Les autorités grecques ne semblent pas être seules à croire que le pays, sous assistance financière depuis 2010, pourra se passer d'un 3ème appel à l'aide.
À Athènes la semaine dernière pour la réunion informelle de l'Eurogroupe, le directeur général du Mécanisme européen de stabilité (MES), Klaus Regling, et le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schaüble, ont souligné les embellies constatées dans l'économie grecque, M. Regling allant jusqu'à affirmer que des prêts supplémentaires de l'eurozone pourraient ne pas être requis (EUROPE 11051).
S'adressant à To Vima, M. Regling a rappelé le contexte dans lequel, l'été dernier, il avait évoqué un possible besoin d'un 3ème plan d'aide pour la Grèce. « À ce moment-là, c'était le scénario le plus à même » de se matérialiser, a-t-il expliqué, ajoutant qu'il s'agissait également de signaler le soutien du fonds de sauvetage de l'eurozone en cas de besoin. Mi-2013, les autorités grecques martelaient qu'une assistance supplémentaire ne serait pas adossée à de nouvelles conditions, mais les Européens ne faisaient pas les mêmes promesses.
Plus récemment, le gouvernement grec a fait entendre sa volonté de se passer d'une nouvelle aide. Il prévoit d'émettre des obligations, à trois ou cinq ans, au 1er semestre 2014, soit avant la visite de la chancelière allemande, Angela Merkel, vendredi 11 avril, soit la semaine suivante, selon la presse grecque.
Pour MM. Regling et Schäuble, décider maintenant de la suite à donner au programme actuel serait prématuré. Le ministre allemand a souligné l'évolution positive de l'économie grecque marquée par un retour à la croissance après six années de récession et des finances publiques en meilleur état. « Dans tous les cas, la Grèce peut compter sur nous, les Européens, pour tenir nos promesses », a-t-il déclaré à Kathimerini. L'eurozone a en effet promis en février 2012 de soutenir la Grèce aussi longtemps que nécessaire si celle-ci tient ses engagements. Il a précisé savoir les craintes liées à de nouvelles réformes. « Les termes d'un nouveau programme, cependant, seraient certainement bien plus légers », a-t-il assuré.
M. Regling a, par ailleurs, jugé « appropriée » la décision de la Grèce de tester les marchés, notant au passage que, sur le marché secondaire, les rendements des obligations grecques à dix ans sur le marché secondaire étaient actuellement situés juste au-dessus de 6%. Il a donc rappelé que deux ans plus tôt les taux étaient environ 80% plus élevés. « Mais c'est toujours cher. Chaque obligation qui a un tel taux d'intérêt ajoute au fardeau de la dette », a-t-il estimé.
Sur la réduction du fardeau de la dette grecque, qui occupera l'Eurogroupe à partir de la fin de l'été, M. Schäuble a réitéré que les pertes sèches imposées aux créanciers privés en 2012 avaient constitué « un cas unique ». M. Regling a précisé que les taux des prêts du FESF (prédécesseur du MES) avaient été rognés au maximum. Il a expliqué qu'avec le paiement des taux d'intérêts déferrés de dix ans la Grèce devrait faire face à un service de la dette minimum pour les dix prochaines années, une bonne nouvelle pour les investisseurs étrangers. Quant aux prêts bilatéraux accordés à la Grèce, certains pays bénéficiaires « ont une marge pour diminuer les taux d'intérêts mais pas beaucoup », a indiqué M. Regling. (EL)