Bruxelles, 07/04/2014 (Agence Europe) - Bête noire de la Commission européenne et notamment de la commissaire à la Justice, Viviane Reding, pendant de longs mois, le Premier ministre hongrois Viktor Orban a adressé dimanche 6 avril un nouveau pied de nez à l'UE en se faisant largement reconduire lors des élections législatives, même si le suspense demeurait encore lundi 7 avril, selon l'AFP, sur sa capacité à obtenir à nouveau une majorité des deux tiers au parlement. Une certitude cependant: le parti d'extrême droite Jobbik a, lui, nettement progressé par rapport à 2010.
Selon les résultats partiels (reposant sur le dépouillement de 93,12% des bulletins), Viktor Orban a recueilli 44,61% des voix avec son parti Fidesz. S'il fait moins bien qu'il y a quatre ans (52,7%), il raflerait quand même 133 sièges sur 199, soit de justesse la majorité des deux tiers, selon la commission électorale, qui livrera les résultats définitifs lundi.
« Nous pouvons dire en toute sécurité que nous avons gagné », a lancé Viktor Orban à la foule de ses partisans, avant de savoir si son parti conserverait ou non la 'super-majorité'. Celle-ci lui avait permis en 2011 et 2012 d'introduire toute une série de réformes, jugées pour certaines 'liberticides' comme la loi sur les médias ou sur la mise à la retraite d'office des juges. Ces réformes lui avaient valu de nombreuses passes d'armes, notamment juridiques, avec la Commission (un contentieux est toujours ouvert, celui sur l'indépendance du superviseur hongrois de la protection des données) et plusieurs résolutions critiques du Parlement européen. Viktor Orban avait alors comparé à plusieurs reprises l'UE à l'ex-URSS, dont la Hongrie était sous le joug.
Au total, selon les décomptes partiels, l'alliance de gauche obtiendrait 38 sièges et le parti d'extrême droite, Jobbik, remporterait, quant à lui, 23 sièges, séduisant un électeur sur cinq. Ce parti anti-Roms et antisémite était entré au parlement en 2010 avec 17% des suffrages. Il en obtiendrait cette année 20,6%.
Le président de la Commission, M. Barroso, a personnellement adressé ses félicitations à M. Orban dimanche soir par téléphone et loué son action notamment dans le domaine économique (le chômage a baissé et le déficit est passé en dessous de la barre des 3% du PIB), a indiqué lundi Pia Ahrendilke Hansen, une porte-parole de la Commission.
Le Français Joseph Daul, président du parti PPE, qui était allé soutenir sur place M. Orban, s'est également félicité de cette victoire.
Pour Hannes Swoboda, chef de file du groupe S&D au PE, M. Orban, quelle que soit l'importance de sa victoire, ne pourra pas se soustraire aux lois et valeurs européennes, a-t-il dit dans un communiqué. M. Swoboda a rappelé que le Premier ministre hongrois a passé tout son temps ces dernières années à réécrire la constitution du pays et à passer des lois jugées souvent contraires à la « démocratie européenne ». Pour Hannes Swoboda, l'UE doit continuer à surveiller ce pays. (SP)