Bruxelles, 07/04/2014 (Agence Europe) - Contre l'évasion fiscale, contre l'austérité et pour la protection des citoyens « normaux » pour lesquels « 1 000 euros, c'est déjà beaucoup ».
C'est sur ces thèmes que le candidat du Parti socialiste européen à la succession de José Manuel Barroso, l'Allemand Martin Schulz, a lancé vendredi 4 avril sa campagne en Belgique.
Aux côtés du Premier ministre Elio di Rupo, de l'ancien Premier ministre italien Massimo d'Alema, dont le think thank FEPS (Fondation européenne d'études progressistes) organisait l'événement, et des têtes de liste aux élections européennes Marie Arena et Kathleen Van Brempt, le candidat (président du Parlement européen) a jugé que les socialistes avaient une « une chance de gagner, de changer d'Europe, de lui faire prendre une autre direction ».
Martin Schulz souhaite que les Européens prennent les sociaux-démocrates au sérieux et s'est longtemps concentré sur la lutte contre l'évasion fiscale. « S'il y a une majorité en notre faveur, nous introduirons des mesures pour que toutes les entreprises contribuent aux budgets » et pas « seulement les petits entrepreneurs », a-t-il dit en français. « Le pays du profit sera le profit de l'impôt ! », a encore lancé l'Allemand sous forme de slogan et s'attirant par là de nombreux applaudissements.
À la différence de Jean-Claude Juncker, son rival du PPE, les motivations de Martin Schulz pour la présidence de la Commission semblent limpides: « Plus de parlement, c'est plus de droits sociaux », a-t-il avancé, mais « au niveau de l'UE, ça ne marche pas ; le Parlement européen a besoin de la Commission » pour initier des législations protectrices et c'est pour cela « qu'il faut gagner la Commission », a lancé Martin Schulz. « C'est pour cela que je me suis présenté ; c'est ça le point de départ pour changer l'Europe ».
Un peu plus tôt, le Premier ministre belge, s'exprimant sur les politiques d'austérité, avait lui détaillé la façon dont la Belgique avait refusé d'appliquer à la lettre les préconisations budgétaires de la Commission européenne et son rejet « de l'obsession des trajectoires ». Les socialistes « sont sérieux dans la gestion mais en parallèle nous avons fait la relance car l'objectif premier c'est quand même l'emploi », a dit le Premier ministre belge. Un sujet délicat qui a, un peu plus tard durant le week-end, envenimé le débat entre les deux principaux candidats, M. Schulz s'attirant les foudres de M. Juncker après avoir laissé entendre qu'il serait prêt à lâcher du lest sur les déficits de la France (voir autre nouvelle).
Autre polémique toujours en cours: celle du statut de M. Schulz, président du Parlement européen, censé entrer officiellement en campagne pour la Commission le 17 avril, juste après la dernière session du Parlement, mais qui multiplie déjà depuis des semaines les interventions et les discours résolument électoraux. (SP)