Bruxelles, 04/02/2014 (Agence Europe) - Les députés européens formulent diverses recommandations pour que les femmes migrantes en situation irrégulière dans l'UE soient mieux protégées. Ils ont adopté la résolution non législative de Norica Nicolai (PPE, roumaine), mardi 4 février, par 327 voix pour, 303 contre et 36 abstentions, se souciant du sort de ces migrantes sans-papiers.
Eve Geddie, directrice au sein de la plate-forme pour la coopération internationale sur les migrants sans-papiers (PICUM), a salué l'adoption du rapport en insistant sur le fait qu'il s'agit de la première initiative du Parlement européen qui reconnaît que « toute femme a le droit à une vie sans violences peu importe d'où elle vient ou que disent ses papiers », a-t-elle expliqué à EUROPE. Les eurodéputés demandent en effet aux États membres de reconnaître ces femmes comme un groupe social vulnérable et insistent sur le fait qu'un cadre juridique commun en matière d'immigration pourrait mieux protéger ces victimes potentielles. Ils demandent que les États membres prennent les mesures nécessaires pour que les migrantes sans-papiers ne soient pas contraintes à du travail forcé ou à la prostitution. La révision de la directive « employeur » devrait à cette fin introduire la possibilité pour les migrants de déposer des plaintes anonymes contre un employeur abusif. La résolution préconise aussi que les migrantes en situation irrégulière puissent avoir accès à des soins de santé ou à une assistance psychologique. Pour cela, les professionnels de la santé ne devraient pas être obligés de signaler les migrants sans-papiers. Aussi, les services de police devraient-ils être mieux formés et du personnel féminin devrait être mis à disposition des migrantes (fonctionnaires, expertes, personnes de référence). Par ailleurs, le volet sur la mise en détention dans le cadre de la directive « retour » devrait renforcer la protection des droits fondamentaux. Enfin, la Commission et les États membres sont aussi invités à mener des campagnes de sensibilisation en Europe destinées à ce public à risque ainsi que des campagnes d'éducation des femmes dans les pays d'origine pour prévenir la migration. (MD)