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Bulletin Quotidien Europe N° 11011
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) ukraine

Les députés européens appellent à des élections

Strasbourg, 04/02/2014 (Agence Europe) - Plusieurs présidents de groupe du Parlement européen ont appelé, le 4 février, à des élections en Ukraine, alors que le président, Viktor Ianoukovitch, pourrait accepter de tenir des élections législatives et présidentielles anticipées pour mettre fin à la crise politique, selon son représentant au Parlement, Iouri Mirochnitchenko. « Il faut insister pour qu'une solution soit trouvée autour de la table de négociation, il faut soutenir les exigences de l'opposition qui veut que des élections aient lieu dans les plus brefs délais », a expliqué le président du groupe S&D, l'Autrichien Hannes Swoboda. « La seule solution est d'avoir un nouveau gouvernement pour préparer des élections, préparer un changement constitutionnel de manière à donner plus de pouvoirs au parlement élu et au gouvernement élu, la réduction des pouvoirs du président, la mise en place d'une sorte de système fédéral pour tenir compte des exigences de chaque région du pays, pour permettre un nouveau départ dans les relations entre l'UE et Ukraine et l'Ukraine et la Russie », a-t-il ajouté.

Pour son homologue du groupe PPE, le Français Joseph Daul, si la situation ne s'améliore pas « il faut repasser aussi par la démocratie (…) Je ne prétends pas connaître le résultat de la démocratie mais il faut revenir à la démocratie et arrêter ce qui se passe en Ukraine ». « Nous avons en Europe, et aussi en Russie, une responsabilité pour que la démocratie refonctionne », a-t-il ajouté, appelant aussi à un minimum de confiance des deux côtés, gouvernement et opposition.

Interrogée sur le sujet, Mme Kocijancic, la porte-parole de la Haute représentante, Catherine Ashton, a rappelé que l'UE souligne la nécessité d'une résolution politique et les éléments que cette solution doit contenir. « Nous avons parlé d'élections qui doivent être libres et équitables mais c'est aux Ukrainiens de décider quand elles doivent avoir lieu », a expliqué Mme Kocijancic, alors que Mme Ashton était ce mardi une nouvelle fois à Kiev pour rencontrer des membres du gouvernement et de l'opposition.

Mais pour le GUE Helmut Scholz, si un intermédiaire est nécessaire pour régler la crise, ce ne doit être ni l'UE, ni les Etats-Unis, ni la Russie « car nous ne pouvons pas considérer qu'ils ont une attitude impartiale », mais le Conseil de l'Europe ou l'OSCE qui pourrait offrir un forum de dialogue avec tous les partis politiques impliqués. L'UE se défend d'avoir un rôle de médiateur mais celui de facilitateur pour que les parties discutent.

Appel à une aide financière et au gel des visas

M. Swoboda et M. Daul, tout comme la vice-présidente des Verts, Rebecca Harms (allemande), l'avait déjà fait, ont appelé à une aide financière pour l'Ukraine, aide à laquelle l'UE réfléchit actuellement. Pour M. Swoboda, il est « indispensable que l'UE et les États-Unis envisagent un soutien type plan Marshall à accorder à ce pays. L'aide pourrait être accordée en soutien avec la Russie si elle veut vraiment coopérer et permettre de moderniser l'Ukraine ». « L'UE, les États-Unis et le FMI doivent continuer à préparer un projet à long terme pour soutenir le pays », a plaidé M. Daul. M. Scholz a regretté que l'UE et le FMI aient été frileux avant le sommet du Partenariat oriental à Vilnius, fin novembre, et n'aient pas offert une perspective économique pour le pays. Les États-Unis ont confirmé, le 3 février, discuter avec l'UE d'une aide éventuelle, précisant qu'elle pourrait se faire « après la formation d'un gouvernement technique et quand le pays reprendra la voie de la reprise économique via le FMI ».

De son côté, Mme Harms a appelé à des gels de visas pour certains responsables ukrainiens et leur famille, qui sont actuellement au sein de l'UE. « Cela fait longtemps que je m'engage pour des sanctions ciblées, notamment la limitation de voyage pour ceux qui sont les auteurs (…) responsables de la violence dans l'appareil du régime et des atteintes aux droits de l'homme ». Elle s'est étonnée que les défenseurs des droits de l'homme ne puissent pas venir dans l'UE car les visas coûtent cher et sont difficiles à obtenir alors que « ceux qui pillent le pays ou sont responsables de l'escalade peuvent obtenir un visa Schengen comme on peut le voir avec l'ancien-Premier ministre ukrainien, Mykola Azarov, ou le Premier ministre par intérim, Serhiy Arbuzov ».

Le PE débattra, ce 5 février à 15h, de la situation en Ukraine et devrait adopter le lendemain une résolution que Mme Harms espère « très sévère ». (CG)

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